‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 506 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCCVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCCVII

tout en professant le Christianisme, oubliaient difficilement le titre de Ponti/ices maximi porté par leurs prédécesseurs. De plus, ils étaient grecs et malheureusement, en cette qualité, manifestaient trop souvent, à Fégard des latins, un grand esprit d'opposition.

Parlerons-nous aussi des dix Conciles célébrés en Occident ? C'est à peine si vous y faites allusion vous-même. Vous signalez seulement le troisième Concile de Latran et ceux de Constance et de Trente. Les mots ab universo clero et populo recepti qui se rapportent aux décrets du troisième Concile de Latran ne vous paraissent pas offrir un base suffisante sur laquelle appuyer votre prétendu droit de l'Etat à approuver les décrets conciliaires. Âu^si vous hâtez-vous de passer au concile de Constance, dont on peut dire qu'il a été et est encore la consolation, le soutien et l'espoir de tous les régaliens, gallicans, fébroniens, joséphistes passés et présents.

« Les décisions de Constance, dites-vous, furent aussi approuvées par les princes, qui avaient eux-mêmes beaucoup plus que les Évêques dirigé les délibérations » (p. 20).

Eh bien, Martiu Y ne se préoccupa pas des princes et de ces quelques Évêques qui reçurent l'inspiration non pas d'en haut, mais d'en bas. Il ne voulut retenir pour valides, il le déclare solennellement, que les seuls décrets qui avaient été pris in materiis fidei, conciliariter et non aliter ^ ?iec alio modo. (Hard., t. VIII, p. 899, 902, etc.) En conséquence il rejeta les actes des quatrième et cinquième sessions, qui depuis lors sont toujours restés à l'état de lettre morte. Les gallicans anciens et modernes ont vainement tenté de les galvaniser. Toutes les tentatives des césariens espagnols, napolitains, français, allemands, autrichiens et belges, la toute-puissance de Louis XIV et de Joseph II, le génie de TÂigle de Meaux, les poudreux volumes des Dupin, de Marca, Van Espen, Fébronius,enQn les décrets de Napoléon P"* et des Bourbons n'ont pu faire jaillir la moindre étincelle de vie de ce fœtus mort-né.

Reste le Concile de Trente. Vous nous parlez bien de la résistance opposée par quelques États à l'acceptation et à la

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promulgation de ce Concile; malheure u sèment laffirmalion est bien peu fondée, car tous les États catholiques, à l'exception de la France, finirent par se soumettre l'un après l'autre, en faisant des réserves sans importance et de pure forme. Les rois et parlements de France résistèrent. Cela est vrai. Out-ils bien fait ? Quel profit en ont tiré ces rois et ces parlements? Aucun catholique ne peut s'empêcher d'aimer cette noble Église de France qui a racheté par tant d'héroïques vertus et par des flots de sang les erreurs d'un passé qu'elle est aujourd'hui la première à condamner. D'autre part le moindre mot de reproche ne saurait être adressé à une famille généreuse et infortunée qui, tout en contristant parfois l'Église par son excessif attachement à de prétendus privilèges, l'a souvent comblée de bienfaits, et ne s'était jamais jusqu'alors permis de la dépouiller et de porter une main sacrilège sur les ministres de Dieu et sur leur chef, le Souverain Pontife. A vrai dire, nous ne croyons pas que Charles X et Louis-Philippe, avec leur puérile obstination, aient beaucoup affermi leur trône. Leur politique sur ce point a déplu aux amis de l'Église et n'a pas contenté ses eunemis. Certes, il ne reste pas grand'chose de tous ces enfantillages, de toutes ces misères! Regardez ce qu'a fait l'Église de France! Vingt conciles, tenus dans les villes métropolitaines etles diocèses, ont solennellement proclamé les décrets de Trente. On ne se demande même pas aujourd'hui en France si le Concile de Trente y a force de loi.

Et d'ailleurs. Monsieur N... qu'est-ce que cela prouve ? Une seule chose, c'est que, malgré la résistance du premier royaume catholique, le Concile de Trente n'en a pas moins été reconnu œcuménique et que la sanction des princes ne lui était vraiment pas nécessaire.

« Pie IV, Pie V et leurs successeurs mirent tout en œuvre en France pour faire accepter les décisions de Trente » (p. 31).

Oui sans doute, car toujours les Papes ont recommandé et recommanderont aux lidèles, mais surtout aux princes, d'obéir aux lois de Dieu et de l'Église . Qu'aTrivera-t-il si l'on ne veutplus entendre leur voix 7 ces lois en seront-elles pour cela abrogées?

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