‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 508 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCCVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCCVII

Naples, écrivit aux Évoques de ce royaume. Le bien de TÉglise, disait-il, lui faisait désirer les voir tous au Concile, mais ayant réfléchi à tous les inconvénients qui en résulteraient pour le pays, il leur demandait, au nom du roi, d'envoyer leur procuration à quatre Évêques nommés par lui, lesquels iraient à Trente au nom de tout le royaunre. Il fit d'abord connaître sa volonté à plusieurs Évêques par Fentremise de son grand aumônier, chez qui ils s'étaient réunis. Mais, d'un commun accord, tous protestèrent. Ils répondirent qu'ils avaient l'intention d'assister personnellement au Concile et que si quelque empêchement s'y opposait, ils entendaient constituer eux-mêmes des procureurs, selon leur conscience. Cette opposition des Évêques transporta de colère l'orgueilleux vice-roi ; il voulut les contraindre par la violence à obéir à un ordre donné au nom du souverain. Le Pape, à cette annonce, fut aussi surpris qu'affligé : il voyait dans cette manière d'agir un nouvel artifice des princes; des centaines de voix se réduisaient à quelques votes dévoués et assurés d avance au gouvernement. Celui-ci devenait donc le maître du Concile^ lui enlevait toute liberté et par le fait anéantissait son autorité et rendait son action inutile. Une si étrange résolution inspira au Pape la pensée de différer l'ouverture du Concile. Peu de temps après, par une bulle spéciale, il interdit à tout Évêque de se faire remplacer par un procureur et l'obligea même, sous peine de faute grave, à venir en personne » (/. c). Plus tard, Charles-Quint désapprouva la conduite du vice-roi et rapporta Tordre donné. Ainsi, c'est sur cet exploit du fameux Pierre de Tolède, de triste mémoire pour l'Église et l'État, pour Naples et Venise, pour l'Italie et TËspagne, c'est sur ce grand exploit d'un vice-roi espagnol, aveuglé par l'orgueil, que vous établissez le droit du prince à désigner les Évêques et fixer le nombre de ceux qui doivent assister au Concile.

« L'État, ajoutez-vous (et l'État c'est vous) a aussi le droit

de rappeler les Évêques du Concile. H a exercé ce droit à Trente,

quand le roi de France ordonna à ses Lvèques d'abandonner

le Concile si les choses ne marchaient pas plus vite et à son gré.

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