‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 510 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT GGCVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT GGCVII

de Dieu, plus de morale, plus de conscience, mais une seule divinité, la loi. Elle est toujours juste et inviolable, de quelque façon qu'elle soit faite, quelle que soit la doctrine qu'elle sanctionne. Je ne m'attarderai pas à réfuter de semblables théories. Du reste, Ésope, dans une de ses fables, nous montre combien il est inutile de raisonner avec certaines gens.

Mais, franchement, vos citations font perdre patience. Tant que vous en appelez à l'autorité de gallicans tels que de Tbou, de Marca, Fleury ou même Sponde et Van der Hardt, on vous laisse tranquillement citer, mais on ne saurait rester impassible lorsqu'on vous voit mettre en avant le nom du vénérable Cardinal Pallavicini, auquel vous faites dire le contraire de ce qu'il a écrit. Voici le passage où il est question du fait que vous rapportez : « Le roi voyant que l'absence de leurs Pasteurs n'était guère favorable aux diocèses et que le Concile ne paraissait pas devoir sortir bientôt de son état d'inaction et des ombres qui l'entouraient, manda aux Evoques de revenir. Les Légats mirent tout en œuvre pour s'y opposer. . . , mais rien ne put faire fléchir ces hommes, qui considéraient l'obéissance passive comme préférable à n'importe quel conseil. »

« Les Légats, après bien des efforts et des protestations, firent entendre aux Évèques qu'on allait procéder judiciairement contre eux. Un bref du Pape ne tarderait pas à leur ordonner, au nom de la sainte obéissance, de renoncer à leur départ. Enfin, les choses se terminèrent ainsi : des trois Évèques français alors présents à Trente, l'Évèque de Rennes seul, leur chef, s'en alla... Le roi approuva la conduite des deux autres qui étaient restés. » (Pallav., Bist. du Conc. de Trente, 1. V, n. 103 et suiv.) Voici, en bon français, ce que tout cela signifie : 1° Le roi de France comprit qu'il avait eu tort, car, malgré toute sa légèreté, François P' était généreux, juste et foncièrement catholique. 2® S'il y a des Évoques courtisans, on en voit, en beaucoup plus grand nombre, qui savent imiter les Apôtres en face du sa^hédrin et préfèrent obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.

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