XI. Pourquoi Pie IX n'a pas appelé les princes au Concile
L'Église a invité les souverains catholiques, elle les a même priés d'assister aux Conciles œcuméniques. Notre Saint-Père le Pape n'a pas cru devoir suivre cet exemple : voilà deux faits incontestables. Pie IX, dans sa bulle de convocation, s'est contenté d'exprimer le vœu que les princes ne missent aucun obstacle au Concile. Ce qui est certain, c'est qu'il a été approuvé par tous les Évoques qui en ont parlé, par tous les écrivains, par les journaux catholiques et par le comte Mamiani lui-même \ £t pourquoi cela? Comment se fait-il que nous, catholiques, race antique, vivant de traditions, aimant les chemins battus et si peu amis des nouveautés, comment se fait-il que nous ayons tous loué cette innovation et que nous n'entendions qu'une dissonance, qu'une voix chantant extra chonim^ celle de l'auteur du pamphlet? L'oubli dont les princes sont victimes est pour lui le comble de la désolation; aussi s'élève-t-il violemment contre Pie IX « qui, sans aucune intelligence préalable avec les puissances catholiques, sans les négociations accoutumées en pareil cas, foulant aux pieds les droits des puissances civiles et les droits incontestables qu'a l'État de déterminer le lieu et le temps de la réunion », a osé convoquer le Concile (p. 5}.
Les puissances catholiques! Que signifie ce mot? Il indique un Etat dont la constitution et la législation sont en tout conformes aux principes catholiques. Dans cet État, la religion catholique y est ou reconnue, à l'exclusion de tout autre culte, ou du moins si bien honorée et protégée qu'on doit nécessairement en conclure que l'État ne prend rien plus à cœur que la défense de cette croyance. Si telle n'est pas la signification de ce i&tme puissance catholique^ celte expression est un non-sens. Mais y a-t-il eu des puissances chrétiennes et catholiques? Sans doute! Constantin fut le fondateur d'un État vraiment chrétien. Il ne s'est pas contenté de se dire, de se montrer le
i . c Pie IX eut, je crois, raison de ne pas inviter les princes et de ne pas rechercher leur concours. > (Mamuni, Théorie de la religion dTÉtat,)