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LIVRE III, DOCUMENT CGC VIL

protecteur extérieur de TÉglise, mais il Ta encore prouvé par ses lois et elles sont les témoins impérissables d'une foi sin* cère et profonde. L'immense entreprise de la christianisation d'un empire aussi essentiellement païen ne pouvait pas, ne devait pas être l'œuvre d'un jour. Qu'on parcoure l'histoire de ce grand homme, on verra qu^il poursuit son but d'une marche progressive et constante. S'il ne peut immédiatement abattre et dépouiller les temples païens, en revanche il élève et dote des basiliques chrétiennes ; s'il ne peut supprimer les collèges des pontifes, il reconnaît et honore les Évéques et leur Chef. La lumière, pense-t-il, ne va pas tarder à vaincre les ténèbres; il lui est impossible d'enlever aux étendards tous les vestiges du paganisme, mais il les surmonte de la croix. L'Église catholique possède légitimement; elle a sa juridiction spéciale; elle jouit de la liberté dans tous ses mouvements, car, à la porte du sanctuaire, est le gardien extérieur : Constantin veille * !

Gratien, Yalentinien, Théodose, tous les empereurs orientaux écrivent en tète de leurs lois, de leurs codes : De summa Trinitate, et de fide catholica cunctos populos^ quos clementiss nostrx régit imperium, in tali volumus religiofie versariy qunm diviim Petrum Apostoliim tradidisse Romanis, religio usque adhuc ab ipso insinuata déclarât, quamque Pontificem Damasum sequi claret. {Cod.y 1. I, tit. L)

Charlemagne, premier empereur d'Occident, reçoit la couronne du Pape et lui jure protection, ainsi qu'à l'Église tout entière. Cette solennelle promesse devient, pour tous les temps, la loi inviolable et fondamentale de l'empire. Et sanctissima Romanâs Ecclesise Sedes, Deo donante, nostra semper devotione defendatur, {Epist. CaroUMagni adLeonem IlIPapàmj a. 794:) Mundeburdem (Patronatum) autem et defensionem sanctse Ro-. manœ Ecclesiœ pariter conservabimus, promettent Charles le Chauve et son frère Louis. « Que tous obéissent au Pape ainsi qu'à ses ducs et à ses juges », ordonne Lothaire dans le capitulaire romain de l'an 824. (Seriez-vous donc, par hasard, vous,

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dès qu'il s'agit de défendre les droits du Pontife romain, les héritiers et les représentants de Charlemagne et de ses fib?) L'empereur d'Allemagne portait des titres très pompeux, mais il se glorifiait surtout de celui de protecteur et d avocat de l'Église (Schirmvogt der Kirche). Il jurait, en recevant la couronne, de défendre le Saint-Siège et ses droits. Les empereurs et les rois catholiques portèrent des lois terribles contre le culte païen, contre les hérétiques, les superstitieux, les sacrilèges, les contempteurs du culte et des ministres sacrés. Bien que la foi catholique nous soit plus chère que la vie elle-même, nous ne pourrions approuver tout ce qu'édicté sur ce point la Lex Carolina^ du ix® siècle, tant il y est question de tortures, d'échafauds, de bûchers et de roues. Mais, me direz-vous, quelquesuns de ces souverains allèrent eux-mêmes à rencontre de leurs lois et affligèrent profondément l'Église. — Nous ne nous occupons ici que de la profession extérieure, solennelle et publique. Inutile donc de se demander si les rois de France ont toujours mérité le titre de Très Chrétiens ^ les rois d'Espagne celui de Catholiques^ les rois de Portugal le beau nom de Tris FidêleSj les rois de Hongrie celui à* Apostoliques ; inutile surtout d'examiner si l'excellente reine Victoria justifie bien le titre de Défenseur de la foij conféré par Léon X, en plein consistoire, à Henri YIII, en souvenir de sa défense de la doctrine catholique contre Luther. Il ne s'agit point de la personne des princes, mais de leur profession de foi extérieure et légale, signifiée par ces titres et dont l'esprit a vécu jusque vers la fin du siècle dernier dans les ordonnances, les statuts, les lois politiques et civiles de toutes les monarchies et républiques catholiques. U était donc juste et très naturel d'inviter ces États aux Conciles solennels de l'Église. Ces gouvernements lui étaient encore vraiment fidèles. On pouvait parfois leur reprocher, Je vous l'accorde, des imperfections, l'inexécution de certains points de discipline, un soin trop jaloux de leurs droits réels ou prétendus, et même blâmer leur attachement pour certaines maximes condamnables ou au moins dangereuses et leur défiance envers l'Église; mais, en définitive ^ ils voulaient rester les

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