LIVRE III, DOCUMENT CCGVIII. T
CCCVIII "
(Juillet-novembre 1868)
Publications relatives au mouvement produit dans le sein des jansénistes
de Hollande par l'annonce du Concile.
Lettre de deux « Membres du Conseil ecclésiastique de la paroisse catholico-romaine de la Clerezie episcopale (Bisschoppelyke Klerezij) de Dordrecht aux ecclésiastiques de la Clerezie episcopale romanocatholique de la Hollande > (juillet 1868).
Très vénérés et révérends Messieurs,
Après nous avoir fait connaître le projet de Sa Sainteté le Pape Pie IX de réunir un Concile général, les journaux nous ont appris, ces jours derniers, la publication officielle de la bulle par laquelle Sa Sainteté convoque à Rome, le 8 décembre 1869, un Concile œcuménique, et exprime le vœu qu'il soit répondu avec empressement à son appel.
Cette nouvelle, très vénérés et révérends Messieurs, sera, nous n'en doutons pas, devenue un sujet de méditation non seulement pour vous, mais aussi pour tout laïque quelque peu pénétré de Timportance de ce grand événement et des conséquences qu'il doit avoir pour notre Église.
Quand il s'agit d'un objet de cette importance, l'intérêt que l'on y prend — n'importe de quel côté et de quelle manière cet intérêt est porté à votre connaissance — vous fournira une preuve bien agréable, sans doute, de la vive sollicitude que les laïques professent, eux aussi, pour les choses de la religion et pour la prospérité de l'Église en Néerlande.
Remplis de cette conviction, très vénérés et révérends Messieurs, nous prenons la respectueuse liberté de vous communiquer la question que nous nous sommes posée relativement à la convocation du Concile :
Les écarts nécessaires seront-ils faits par notre clergé , afin
que la Clerezie soit représentée au prochain Concile^ dans le but dy défendre les intérêts de notre Église et de travailler^ dans la mesure du possible ^ à ce qiiil soit mis fin à la déplorable scission gui nous tient éloignés, depuis un si grand nombre d années^ de nos frères dans la foi?
Loin de nous, très vénérés et révérends Messieurs, d'oser seulement supposer que vous ne feriez aucune démarche dans ce but; mais néanmoins notre confiance est accompagnée d*une certaine crainte, parce qu'il nous est connu que le chemin vers Rome n'est pas un chemin frayé pour notre clergé, mais au contraire un chemin semé d'obstacles, et d'obstacles d'autant plus difficiles à écarter qu'ils existent depuis nombre d'années, et que de nombreux et louables efforts sont venus s'y briser.
Bien qu'à tort, nous sommes considérés par nos frères catholiques romains comme n'appartenant pas à TËglise, et c'est pourquoi nous attendrions en vain qu'une invitation soit adressée à nos Évèques d'assister au prochain Concile. La commission chargée par Sa Sainteté de fixer les points à discuter et de régler les dispositions à prendre peut sans doute être soupçonnée, avec quelque apparence de raison, de n'être pas du tout ou, du moins, de n'être pas suffisamment au courant de notre cause, et l'on se demande même si les affaires de la Clerezie ne seront pas passées sous silence... Le résultat des nombreux exposés faits par vous et par vos prédécesseurs aux divers Papes ne laisse d'ailleurs aucun espoir que la voie des communications écrites puisse nous faire espérer une issue favorable... Nous prévoyons même que si, comme nous l'espérons, et beaucoup d'autres avec nous, vous prenez la seule voie praticable, celle de vous aboucher personnellement avec la susdite commission et avec des ecclésiastiques haut placés, alors encore de nombreuses difficultés devront être vaincues et il faudra s'attendre à de l'opposition.
Les obstacles, que nous venons d'énumérer, et d'autres encore, ne nous sont pas inconnus, et la tâche qui commence dès ce moment pour notre clergé sera certes considérée par tout fidèle comme une tâche de la plus haute importance.