‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 523 sur 536 · LIVRE m, DOCUMENT CGGVIII · texte numérisé non relu

LIVRE m, DOCUMENT CGGVIII

en personne, ou, si cela était impossible, par des représentants, dans le but de mettre fin à la scission qui tient en Néerlande la Clerezie séparée des catholiques. Cette pièce importante est beaucoup trop longue pour que nous puissions l'insérer dans notre numéro d'aujourd'hui. Nous la rapporterons dans notre numéro qui sort le lundi soir.

En attendant, nous publions aujourd'hui la lettre remarquable qui nous est venue par la même poste que l'adresse. Il faut noter que cette lettre ne nous est pas parvenue directement, mais par l'entremise d'un estimable négociant de Rotterdam, qui nous envoie seulement une copie de cette lettre, en déclarant que l'original est déposé entre ses mains et que l'auteur en est une personne respectable, et que lui (le négociant) prend la lettre soiis sa responsabilité personnelle.

Après ces courts éclaircissements, nous donnons maintenant le texte littéral de cette lettre en entier :

< Rotterdam, S novembre 1868.

« Monsieur le Rédacteur,

« Dans votre numéro du 19 octobre, vous examinez la question de savoir si les Evèques de l'ancienne Église catholique romaine {Clerezie) se feront représenter au Concile œcuménique. — Je suis profondément peiné que vous préjugiez en cette circonstance le jugement du Concile. — Vous nommez nos Évoques des « Évèques jansénistes » ; vous prétendez que leur leur élection n'est pas canonique et est en opposition avec les préceptes et les lois de l'Église ; qu'ils se sont séparés de l'Église en schismatiques, etc.

« Je pense avec vous — et cet avis sera partagé par tous mes coreligionnaires — que nos Évèques, spécialement invités ou non, doivent se présenter en personne au Concile, ou bien, s'ils en sont empêchés, s'y faire représenter, et qu'en s'y refusant ils fourniraient la preuve que leur appel au futur Concile a été une feinte.

79i LE CONCILE DU VATICAN.

« Vous comprenez toutefois qu'en ma qualité de membre de la Clerezie^ je mets trop de confiance dans nos chefs ecclésiastiques pour douter un instant qu'ils rempliront cet impérieux devoir.

(c J*espère aussi qu'on examinera et discutera notre cause sans préjugés ni préventions, et je puis vous donner Passurance qu'en ce cas les membres de la Clerezie fourniront la preuve qu'ils ne sont ni hérétiques, ni schismatiques, mais de vrais enfants de notre mère, la sainte Église, prêts à se soumettre à la décision du Concile universel, quelle que doive être cette décision.

« Si vous et nos frères catholiques vous êtes sérieusement disposés à unir vos efforts dans ce but — et je crois pouvoir y compter — alors il est, d'après mon humble opinion, très désirable que personne ne juge et ne préjuge dans notre cause avant que le Concile ait prononcé. Avec tous les catholiques, nous reconnaissons le Concile œcuménique comme le tribunal suprême de TÉglise catholique. Laissez donc ce tribuual prononcer sa sentence, et alors, pour vous et pour nous, comme pour tous les catholiques, se vérifiera la parole du Fondateur et du Chef de notre Église : « Celui qui n'écoute pas l'Église, « tenez-le pour un païen et un publicain. »

« Je termine en déclarant que nous tous, membres de la Clerezie^ nous désirons ardemment avec vous que le Concile mette fin à la séparation qui existe entre nousetnosfrèi*es dans la sainte Église.

« En insérant ces lignes dans votre journal, vous obligerez infiniment

« Un Membre de l'Église catholique romaixe, appartenant à la Clerezie. »

Nous n'avons pas besoin de déclarer que c'est avec une joie profonde que nous avons reçu cette lettre et que nous la publions dans le Tijd, en ce jour, fête de saint Willibrord, apôtre de la Hollande. Nous voyons poindre dans cette lettre

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