‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 524 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCGVIIÏ · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCGVIIÏ

la réalisation d'espérances qui reposaient depuis longtemps au fond de nos cœurs, et dont chacun appréciera la haute portée. Qui ne se réjouirait en voyant enfin se produire une occasion solennelle de mettre fin à la séparation qui éloigne l'ancienne communauté dite Clerezie, de FÉglise catholique? L'auteur de cette lettre, sans contredit un homme sincère, bien qu'il ne parle que pour lui-même et qu'il n'ait pas mandat de ses frères, donne suffisamment à comprendre ce qui se passe en ce moment parmi les siens.

 ce point de vue, cette lettre est un fait d'une extrême importance et auquel nous attachons le plus grand prix. C'est pourquoi nous prions notre correspondant de ne pas s'offenser si nous nous trouvons forcés de lui dire que dans sa lettre, d'ailleurs si digne d'éloges, il est un passage qui nous cause une peine profonde. Il nous dit : « J'espère aussi qu'on examinera et discutera notre cause, sans préjugés 7ii préventions y » et nous assure qu'en ce cas seulement ses frères se soumettront à la décision du Concile.

Le on dont il est question dans ce passage, c'est le Concile. Notre correspondant suppose donc qu'un Concile œcuménique puisse prononcer avec préjugé et prévention, en d'autres termes, que le Concile puisse ne pas examiner une cause avec maturité, ce qui rendrait son autorité discutable et justifierait le refus de se soumettre à ses décisions. Nous n'hésitons pas à le dire, une telle supposition n'est pas admissible, et suffirait à renverser toute autorité dans l'Église.

En effet, si l'autorité d'un Concile œcuménique peut être contestée sous un prétexte quelconque, alors il n'y a plus d'autre autorité qui reste debout dans l'Église que Jésus-Christ lui-même, auquel on ne peut appeler qu'au delà du tombeau. Alors, que devient la notion même de l'Église, et que signifie l'appel au Concile œcuménique, comme au « tribunal suprême de l'Église universelle » ?

La phrase qui nous occupe est sans doute tombée do la plume de notre correspondant sans qu'il en ait compris toute la portée. Il nous semble qu'il ferait bien d'effacer cette phrase,

afin de ne pâs fournir une issue à certains ecclésiastiques de sa communauté^ dont on peut craindre à bon droit que, dans tous les cas imaginables, ils jugeront que leur cause n'a pas été suffisamment examinée sans préjugé ni prévention, et qui prendront ce prétexte pour rejeter et faire rejeter la décision du Concile, si cette décision les condamne. Il est évident qu'il n*y a pas d'appel possible contre la sentence du tribunal suprême de TÉglise catholique, et chacun doit accepter ses sentences sans conditions et s'y soumettre sans aucune réserve.

Nous comprenons que notre honorable correspondant n'aime pas l'appellation à^ jansénistes dont nous nous sommes servis^ appellation qui, pour de bons motifs, doit lui être désagréable à lui et à ses frères; néanmoins cette expression repose sur un fondement historique, et elle est usitée dans l'Église tout entière. Mais puisque nous devons souffrir que l'ancienne Clerezie défende les droits qu'elle croit avoir, elle ne peut ni ne doit exiger de nous que nous abdiquions devant elle les droits de notre Église.

Si, au contraire, on demande simplement de nous une preuve de la charité toute sympathique qui nous anime, alors nous consentons bien volontiers à ne plus nous servir de cette appellation aussi longtemps que le Concile n'aura pas prononcé.

Le Tijd reproduit^ en Raccompagnant de quelques considérations^ la lettre de Dordrecht dont il est parlé plus haut et qui lui avait été communiquée en même temps que celle de Rotterdam, (iO novembre 1868.)

Dans notre précédent numéro nous avons publié une lettre d'un membre de la Clerezie, datée de Rotterdam, dans laquelle l'auteur parlant de lui et d'autres laïques ses coreligionnaires déclare combien ils s'accordent tous à désirer que le prochain Concile mette fin à ce qu'ils appellent la scission et à ce que nous nommons le schisme qui les sépare des catholiques. Fasse le ciel pour le véritable bien des membres de la Clereiie

Page 1