‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 525 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CCCVIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CCCVIII

que ce désir reçoive son accomplissement. En attendant, c'est pour nous un grand sujet d'espérance que de voir un efifort fait de la part des laïques pour montrer au grand jour le vif intérêt qu'ils attachent à ce résultat. La preuve de l'intérêt qu'ils prennent n'est pas seulement dans la lettre datée de Rotterdam qui nous a été envoyée avec prière de la publier dans le Tijd,

Il y a encore une autre pièce importante qui nous a été transmise en même temps que la lettre. C'est une adresse signée par deux membres du conseil d'administration de la paroisse catholique romaine de la Clerezie épiscopale de Dordrecht et dirigée à tous les ecclésiastiques catholiques romains de la Clerezie épiscopale en Néerlande. Cette pièce imprimée a été envoyée à chacun de ces ecclésiastiques et à toutes les paroisses (jansénistes) de notre pays pour être communiquée à tous les membres des divers conseils d'administration ecclésiastique, dans l'espoir que ceux-ci manifesteront à leur clergé l'intérêt qu'ils y prennent.

Sur cette adresse l'importante affaire du Concile et le devoir rigoureux du clergé d'y paraître se trouvent présentés aux réflexions de toutes les paroisses de la Clerezie.

Cette démarche est trop remarquable et trop importante pour que nous, catholiques, nous n'en prenions pas connaissance avec un sérieux intérêt; c'est pourquoi nous nous empressons de publier la pièce en entier.

{Suit la lettre.)

Personne ne peut douter un instant de la haute importance de cette adresse. Mais plus nous attachons d'importance à cette pièce, plus nous nous considérons comme obligés de noter au moins quelques-unes des nombreuses observations auxquelles elle donne lieu.

Nous voyons avec regret que dans cette adresse on avance que, dans un conciliabule tenu à Rome par Sa Sainteté avec quelques ecclésiastiques, le prétendu dogme de rimmaculée

Conception de la sainte Vierge a été proclamé^ comme aussi que la réunion des Évêques tenue alors à Rome est présentée à nos frères catholiques romains comme un Concile légitime dont la décision serait infaillible.

Jamais rautorité ecclésiastique n'a représenté cette réunion comme un Concile général. Quoique les Évêques qui s'y trouvèrent eussent été plus nombreux qu'ils ne furent en certains Conciles œcuméniques, cependant ni les Évêques qui y furent présents, ni le Pape qui la présida ne cherchèrent à la faire passer pour un Concile. Néanmoins la définition de l'Immaculée Conception de la sainte Vierge est infaillible pour toute TÉglise catholique, et tout le monde catholique Ta reçue et l'a saluée comme telle avec allégresse. Maintenant, quand la Clerezie croit pouvoir appeler le dogme de Tlmmaculée Conception un prétendu dogme, ce langage est pour le moins fort téméraire, puisque cette expression arrive à enseigner que toute l'Église catholique avec le Pape à sa tête est tombée dans l'erreur.

Et voilà encore une preuve qui montre combien les auteurs de l'adresse se trompent, lorsqu'ils prétendent que la séparation de la Clerezie ne concerne pas tant la foi que certains droits domestiques de l'Église. La vérité est que, dès le commencement, il s'est agi de la foi, et plus tard on a voulu s'arroger des droits qui ne touchent pas simplement à l'organisation domestique de l'Église en Néerlande, mais bien à la constitution et à l'unité de l'Église catholique entière.

Du reste, la Clerezie tombe dans une grave erreur, lorsqu'elle prétend que, dans l'Église, il n'y a pas d'autre autorité à laquelle on doive se soumettre, que le Concile général. C'est là une fausse doctrine qui a été, il est vrai, l'une ou l'autre fois mise en avant dans divers pays quand cela convenait aux passions; mais cette doctrine n'a jamais prévalu; l'Église ellemême l'a toujours rejetée. La sentence de saint Augustin : « Rome a parlé, la cause est finie, » est la règle invariable que l'Église a toujours suivie. La Clerezie s'en est écartée et croit pouvoir agir sans le Pontife romain, en opposition avec le Pontife romain, et elle se dit néanmoins catholique romaine.

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