LIVRE in, DOCUMENT CCGVIII
Comment? Catholique romaine! quand elle s'est séparée d Pape et qu'elle a même été excommuniée? Elle est en opposition avec l'Eglise de Rome, et elle pourrait encore être catholique romaine! Elle se soustrait à l'autorité de l'Église de Rome par une résistance ouverte, Rome la retranche de l'Église par l'excommunication : comment peut-elle être romaine? A cela s'ajoute que toute l'Église entend, voit, approuve cette excommunication .
Il y a dans cette position de la C/erezie quelque chose qui^ d'après l'adresse des laïques, excite de l'inquiétude. Et à bon droit.
Les deux laïques, auteurs de l'adresse, y font ce remarquable aveu : Nous sommes catholiques romains par conviction^ membres de la Clerezie par confiance en notre clergé. Nous sommes tranquilles non par conviction^ mais en comptant sur la conviction de la vérité^ que nous supposons chez nos ecclésiastiques. Voilà un aveu d'une haute importance et d'une grande portée.
Nous voudrions demander aux laïques de la Clerezie quel droit ils ont de supposer cette vérité en matière de foi chez leurs ecclésiastiques, et si, en matière de foi, ils peuvent se baser sur une supposition, même quand ils reconnaissent que leur clergé vit dans une opposition dont il n'y a peut-être pas de second exemple dans l'Eglise. Quiconque réfléchit un moment à cet aveu, doit aussitôt sentir qu'il est au moins très hasardé de suivre une opposition qui non seulement se heurte contre TËglise catholique entière du temps présent, laquelle est unie avec le Pape, mais qui se heurte en outre contre toute l'histoire de l'Église catholique, laquelle ne présente pas un second exemple d'une pareille résistance.
Nous comprenons que, dans un tel état de choses, il sur* gisse chez les Mques de la Clerezie un vif désir de la réunion avec l'Église catholique; et nous applaudissons de grand cœur aux efforts que les auteurs de l'adresse font dans cette direction.
Si le clergé de la Clerezie a sérieusement l'intention de se rendre à Rome, avec la résolution de se soumettre à la décision
du Concile général, ce clergé sera reçu à Aome à bras ouverts, et mainte occasion lui sera fournie pour expliquer et défendre sa position. Mais à toute discussion il y a un terme, et il arrive toujours un moment où il faut fermer les débats et prononcer la décision. Qui est juge de ce moment? Le Concile lui-même. Le Concile décide et prononce, lorsqu'il est suffisamment éclairé, sans que personne ait le droit de réclamer.
L'adresse, comme aussi le correspondant de Rotterdam, donne à entendre que c'est une chose difficile d'examiner suffisamment la question de la Clerezie. Voilà une assertion qu'il est impossible d'avancer. Les affaires de la Clerezie sont connues de toute l'Église depuis bien des années de triste souvenir, et cela par suite des pièces nombreuses que son clergé a publiées. L'adresse émet la supposition que Rome n'aurait jamais voulu se livrer à un examen approfondi de la cause. Ne serait-il pas plus exact de dire que la Clerezie a cherché des faux-fuyants, parce qu'elle ne voulait pas se soumettre? Nous insistons sur ce point; car il ne suffit pas que son clergé aille à Rome. S'il veut aboutir à un résultat, U doit s'y rendre avec l'intention de se soumettre sans réserve, comme c'est le devoir, à la décision du Concile, quelle qu'elle puisse être. Et s'il se rend à Rome avec cette intention droite, nous pouvons lui donner l'assurance que sa tâche lui sera facile, et que l'accueil de Pie IX sera paternel, bienveillant et plein d'amour. En ce cas, la réunion n'est pas seulement possible, mais elle est pleinement assurée, et nous pourrons bientôt voir le temps où tous, fraternellement unis dans le même esprit, nous entonnerons l'hymne joyeuse du Te Deum^ parce qu'il n'y aura plus qu'un seul Pasteur et un seul troupeau.