LIVRE III, DOCUMENT GCXVII. Si
requiert donc que Tusage de la raison précède l'acte de foi, et que la lumière de la raison précède celle de la gr&ce qui lui vient en aide. Qu'avez-vous fait encore, lorsqu'au nom de la raison, du libre examen, de la liberté de penser vous avez dispensé Tesprit humain de rechercher et de reconnaître le fait immense de la révélation? Voici ce que vous avez fait : Au nom du libre examen, vous l'avez dispensé de regarder ; au nom de la libre pensée, vous l'avez dispensé de penser; au nom de la raison vous l'avez dispensé de voir à la lumière de l'évidence, qui est la loi même de la raison.
VU. L'ignorance des publicistes de la libre pensée sur la nature ET l'objet de l'infaillibilité pontificale.
Dans les questions qui ne touchent pas à la foi, l'Église, nous l'avons vu, n'est pas infaillible et n'a jamais prétendu l'être.
Le dépôt de la révélation constituant l'objet même de cette infaillibilité, celle-ci n'est pas une infaillibilité qui révèle, mais nne infaillibilité qui garde. Elle n'exige par conséquent aucune inspiration nouvelle et proprement dite, mais la simple fidélité à la grâce promise à l'Ëglise enseignante pour la conservation du dépôt de la foi. Cette grâce promise est donc la grâce détat de l'autorité religieuse pour l'accomplissement du devoir divinement défini par cette parole : Depositum custodi^.
Il en sera de mémo de l'infaillibilité du Chef de l'Église, si celte grâce de fidélité ou d'infaillibilité lui a été particulièrement promise : son infaillibilité n'aura d'autre objet que la conservation du dépôt de la révélation. Dire du Pape qu'il est infaillible c'est dire qu'il est le fidèle gardien de la foi et le juge de ceux qui l'altèrent.
Aussi le Pape ne prétend-il à l'infaillibilité que lorsqu'il parle à la catholicité comme gardien divinement établi de la vérité révélée, comme juge suprême des controverses en matière de foi, comme Chef de l'Église et successeur de Pierre.
i. Voyez les chapitres m et iv précédents.