LIVRE III, DOCUMENT CCXVII
§ 2. V infaillibilité du Pape enseiffnant ex cathedra est une vérité' inséparablement liée à des vérités de foi. Sans elle^ la conduite publique de F Eglise serait inexplicable et inconciliable avec les promesses de Jésus-Christ.
Le huitième Concile œcuménique (quatrième de Constantinople) approuva la profession de foi formulée pour les Orientaux par le Pape saint Hormisdas, à l'occasion du schisme d'Âcace S et renouvelée, plus de trois cents ans après, par Adrien II, à l'occasion du schisme de Photius. Or, voici les termes de cette profession de foi :
a On ne peut déroger à la parole de Notre-Seigneur Jésus- Christ, qui a dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. La vérité de cette parole est prouvée par le fait même : car la religion a toujours été conservée pure et sans tache dans le Siège apostolique. C'est pourquoi, suivant en tout le Siège apostolique et souscrivant à tous ses décrets, j'espère mériter toujours de demeurer dans une même communion avec vous, qui est celle du Siège apostolique, dans lequel réside f entière et vraie solidité de la religion chrétienne; promettant de ne point nommer, dans les sacrés mystères, ceux qui sont séparés de la communion de TÉglise catholique, c'est-à-dire qui n'ont pas en tout les mêmes sentiments que le Siège apostolique '. » « Ainsi, ajouteFénelon, quiconque contredit la foi romaine, qui est le centre de la Tradition commune, contredit celle de l'Église entière. Au contraire, quiconque demeure uni à la doctrine de cette Église toujours vierge ne hasarde rien pour sa foi. Cette promesse, quoique générale, quoique absolue dans une profession de foi, n'a rien de téméraire ni d'excessif pour les Évéques mêmes qu'on ohlige de la signer dans leur réunion. Gardez- vous donc hien d'écouter ceux qui oseront vous dire que ce formulaire du Pape saint Hormisdas, fait il y a douze cents ans pour
i . JeaD, qui occupait à cette époque le siège patriarcal de Gonstantinople, apposa la signature suivante au formulaire d'Hormisdas : « J'ai souscrit cette profession de foi de ma propre main » (Labbeus, t. IV, coU 1487),