Sess. uUma (Labbbus, t. XIII, col
Concile de Florence sur la primauté. Gomment répondre, en effet, à cet argument?
Le Souverain Pontife, en vertu de sa primauté de juridiction, a le droit de porter sur la foi des décrets qui obligent l'Église universelle, et auxquels FÉglise doit non seulement Tobéissance extérieure, mais Tobéissance intérieure, ce que le gallicanisme lui-même n'a jamais contesté K Or, un enseignement en matière de foi auquel l'Église doit la soumission intérieure, ne pourrait èlre faux sans que l'Église tomb&t, pour un temps du moins, dans l'erreur; ce qui est impossible, Jésus- Christ ayant promis d'être avec elle tous les joUrs jusqu'à la consommation des siècles. Donc, un décret touchant la foi, promulgué par le Souverain Pontife pour toute l'Église, est nécessairement vrai ou infaillible.
C'est ici que trouve sa place la fameuse thèse du comte de Maistre, si mal comprise de tant d'esprits qui ne l'ont pas saisie dans son ensemble. Pour la saisir ainsi^ plaçons-nous au point de vue du grand écrivain :
La primauté des Pontifes romains est une primauté de juridiction sur l'Église entière; c'est la pleine puissance dont parle le Concile de Florence : c'est donc la souveraineté spiriluelle. S'il est vrai que le gouvernement de l'Église a quelque chose de démocratique et quelque chose d'aristocratique, ou, selon
1. « Goncedimus ultro, dit Tournely (/)g Eccl,, q. 5, art. 3 ; éd. Paris, 1727, t. II, p. 277), deûnitis a Ponlifice circa fideni et mores debere fidèles interiori mentis obsequio acquiescere, nisi aut hypocritœ Telint haberi aut rebelles. » Et (p. 285) : « Teoentur fidèles Pontlûcum de fîde coastitationibus, juxtamorem receptum, in UDoquoque regno promalgatis, acquiescera, etiam mentis obsequio, quamquam nondum constet de acceptatione a.c consensu allarum Ecclesiarum, adeoque etiam si nondum plane irreformabiles dici possint tune temporis illee constitutiones. »
La môme chose est confirmée par un acte solennel de l'Église gallicane : « Il est de la doctrine constamment enseignée dans l'Église gallicane, que tous les chrétiens, les Évéques môme, sont obligés par 1g devoir que leur impose leur conscience, de soumettre leur esprit aux jugements rendus par les Papes pour affermir la règle de la foi, sur la consultation des Évoques. » Ce sont les paroles des Évoques de France écrivant au Pape Innocent X, en 1653, rapportées par M. Languet {AverL 2, n. 27), et enregistrées dans les procès-verbaux de l'assemblée du clergé