LIVRE III, DOCUMENT CCXVIL
l'expression de Bellarmin S si ce gouveraeinent est suffisamment tempéré d'aristocratie et de démocratie, c'est en ce sens que^ d'un côté, l'épiscopat est d'institution divine, et que, d'un autre côté, le Souverain Pontife lui-même peut sovtir, comme Pierre, des derniers rangs du peuple. Mais ce quelque chose d'aristocratique et de démocratique n'enlève RIEN à la pleine souveraineté du Vicaire de Jésus-Christ, et il est absolument certain que le gouvernement de l'Église n'est ni un gouvernement aristocratique, ni un gouvernement démocratique, mais une vraie monarchisj dans laquelle la souveraineté appartient aux successeurs du Prince des Apôtres, puisque la primauté de juridiction, ou la pleine puissance du Pape sur toute l'Église, est une vérité de foi.
Mais quelle est la principale fonction de cette souveraine puissance, la fonction qui prime toutes les autres? C'est l'enseignement de la vérité, Magisterium. La souveraineté dans rÉglise est donc wie souveraineté doctrinale ^ et il ne faut pas oublier qu'elle est (Tinstitution divine. Le comte de Maistre a donc eu raison de dire : « L'infaillibilité dans Tordre spirituel, et la souveraineté dans l'ordre temporel, sont deux mots parfaitement synonymes. L'un et l'autre expriment cette haute puissance qui les domine toutes, dont toutes les autres dérivent, qui gouverne et n'est pas gouvernée, qui juge et n'est pas jugée.
« // ne s'agit donc que de savoir où est la souveraineté dans rÉglisey car, dès qu'elle sera reconnue, il ne sera plus permis d'appeler de ses décisions.
« La forme monarchique une fois établie, l'infaillibilité n'est plus qu'une conséquence nécessaire de la suprématie^ ou plutôt, c'est la même chose absolument sous deux noms différents. »
Cette comparaison de l'infaillibilité et de la souveraineté, et la manière dont le comte de Maistre l'expose aux hommes d'État qui ne sont pas théologiens, a fait dire à d'impuissants