I . De Romano ?ont.^ lib. I, c. m et seq
critiques que, selon lui, « rimportant n'est pas qu'on décide une question dogmatique de telle ou telle manière, mais qu*on la décide ; et que la grande affaire n'est pas de croire une chose plutôt qu'une autre, mais de croire. »
C'est le publiciste cité plus haut, au chapitre yn, qui attribue cette pensée au comte de Maistre, et qui la trouve admirable de profondeur! Mais il n'y a de profond ici que le mensonge calculé pour échapper aux étreintes du génie. Le comte de Maistre a commencé par dire avec Mallebranche : une société divinement constituée suppose rinfaillibUité ; et il a montré que la souveraineté religieuse ou doctrinale^ dans une société semblable^ doit nécessairement être infaillible y puisqu'elle juge en dernier ressort. Les sentences du juge en dernier ressort, dans la société temporelle, sont nécessairement irréformables. Les sentences du juge en dernier ressort, dans la société spirituelle, étant nécessairement irréformables , doivent être infaillibles.
Après la thèse du comte de Maistre, qu'on pourrait appeler la thèse de droit, il y a la thèse de Muzzarelli, qu'on pourrait appeler la thèse de fait. Quelques paroles d'un illustre théologien lui serviront de préface :
« L'usage perpétuel de l'Église, dit Melchior Ganus S donne l'interprétation la plus sûre des institutions de Jésus-Christ; or, dans les choses de la foi, ce n'est ni au Patriarche d'Ântioche, ni au Patriarche d'Alexandrie, ni au Patriarche de Jérusalem, mais au Pontife romain que, de tout temps, l'Église a recouru, considérant toujours les jugements du Pape comme irréformables. Comment donc pourrions-nous douter de la prérogative d'infaillibilité des successeurs de Pierre ? Comment le pourrions-nous en présence du témoignage des faits, les promesses faites à Pierre se trouvant accomplies dans l'Église romaine, la seule oîi l'erreur n'a jamais eu d'accès? * »
Voici maintenant la thèse de Muzzarelli :
Celui-là veut et doit être tenu pour personnellement infail-^