LIVRE III, DOCUMENT CCXVII
On reconnaît dans cette voix le fidèle écho de celle de saint
Irénée de Lyon.
En 1623, les Évêques, réunis en assemblée générale, écrivent aux autres Evêques du royaume :
« Les tvêques seront exhortés à honorer le Siège apostolique et rÉglise romaine, fondée sur la promesse infaillible de Dieu, surle sang des Apôtres et des martyrs, la mère des Eglises, et laquelle, pour parler avec saint Âthanase, est comme la tète sacrée par laquelle les autres Églises, qui ne sont que ses membres, se relèvent, se maintiennent et se conservent. Us respecteront aussi notre Saint-Père le Pape, Chef visible de l'Église universelle, Vicaire de Dieu en terre, Évêqoe des Évêques et Patriarches, auquel Vapostolat et répiscopat ont eu commencement^ et sur lequel Jésus-Christ a fondé son Église, en lui baillant {donnant) les clefs du ciel avec r infaillibilité de la foi^ que Ton a vue miraculeusement demeurer immuable en ses successeurs jusqu'aujourd'hui. Ce qu'ayant obligé lés fidèles orthodoxes à leur rendre toutes sortes d'obéissance, et à vivre en déférence à leurs saints décrets et ordonnances, les Lvèques seront exhortés à faire la même chose, et à réprimer, autant qu'il leur sera possible, les esprits libertins qui veulent révoquer en doute et mettre en compromis cette sainte et sacrée autorité, confirmée par tant de lois divines et positives ; et, pour montrer le chemin aux autres, ils y déféreront les premiers*. »
L'Église de France confesse donc, avec toutes les Églises de l'univers, non seulement la primauté, mais rinfaillibilité de Pierre et de ses successeurs.
Elle la confesse de nouveau par les trente et un Évêques qui écrivent au Pape Innocent X, en 1653, au sujet de la condanmation des cinq propositions de Jansénius. Voici leurs paroles :
u Dès les premiers temps, l'Église catholique, appuyée sur
\. Avis aux Archevêques et Évêques de France, art. 137 {Collect. des procès-verb. des assemblées générales du clergé de France, édit. de Paris, 1768, t. II, pièces jusllf., p. 95).
la communioQ et Taulorité seule de Pierre, souscrivit sans hésitation et sans délai aucun, absque cunctationây à ]a condamnation de l'hérésie pélagienne, prononcée par Innocent dans son décret adressé aux Évèques d'Afrique, et qui fut suivi d'une autre lettre du Pape Zozime, adressée à tous les Ëvèques de Tunivers. Elle savait, non seulement par la promesse de Notre* Seigneur Jésus-Christ faite à Pierre, mais encore par les actes des anciens Pontifes, et par les anathëmes dont le Pape Damase avait frappé récemment Apollinaire et Macédonius, avant qu'aucun Concile œcuménique les eût condamnés ; elle savait que les jugements portés par les Souverains Pontifes, en réponse aux consultations des Évèques potir établir une règle de foi, jouissent également (soit que les Ëvèques aient cru devoir exprimer leur sentiment dans leur consultation, soit qu'ils aient omis de le faire ) d'une divine et souveraine autorité dans rËglise universelle ; autorité à laquelle tous les chrétiens sont obligés de soumettre leur esprit même. Nous donc aussi, pénétrés des mêmes sentiments et de la même foi, nous aurons soin quelaconstitution donnée, d'après l'assistance du Saint-Esprit, par Votre Sainteté..., soit promulguée dans nos églises et diocèses, et nous en presserons même l'exécution à l'égard du peuple fidèle. Ceux qui auront la témérité de la violer ne manqueront pas d'être punis suivant les termes de la constitution même et du bref que Votre Sainteté nous a écrit ; en sorte qu'ils subiront les peines portées contre les hérétiques ^ »
Quoi de plus clair? « Les jugements portés par les Souverains Pontifes, pour établir une règle de foi, soit que les Évèques expriment leur sentiment, soit qu'ils omettent de le faire^ jouissent d'une divine et souveraine autorité dans Vbglise universelle^ autorité à laquelle tous les chrétiens sont obligés de soumettre leur esprit même. »
C'est donc aussi bien sur la Tradition de l'Église de France que sur la tradition de toutes les autres Églises que Muzzarelli appuie la thèse victorieuse que nous avons citée *, et ce n'est