‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 78 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT CGXVÏI · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT CGXVÏI

pas rÉglise de France, mais rassemblée de 1682, qui se borae à dire que « dans les questions de la foi, le Souverain Pontife a la principale part, et que ses décrets regardent toutes les Eglises et chacune en particulier, mais que son jugement n'est pourtant pas irréformable, à moins que FÈglise ny ait donné son consentement^. »

L'tglise de France dit, au contraire, que dans les questions

i. Il est inutile de traiter ici ex professo de la déclaratioa de 1682. Le Cardinal Litta, dans ses Vingt-neuf lettres sur les quatre articles dits du clergé de Vrawe, o'a rien laissé à dire sur le fond môme de ces articles, et les Recherches historiques sur l'assemblée du cL'rgé de France de 1682, que Tient de publier un mugistrat français, M. Gérin, juge au tribunal de la Seine, ne laissent plus rien à dire non plus sur l'assemblée elle-même. Voici Je bref que Sa Sainteté Pie IX vient d'adresser à l'auteur :

a Cher fils, salut et bénédiction apostolique.

« Nous avons accueilli avec la plus grande faveur, cher fils, vos Recherches historiques sur la déclaration du clergé de France. Jamais, en effet, l'opportunité d'un pareil ouvrage ne s*est fait sentir autant que dans les circonstances présentes; et votre qualité de laïque, votre titre de magistrat, en vous assurant un rang exceptionne -, donnent & votre travail la plus grande autorité dans une matière qui est loin de plaire & tout le monde. Bien des écrivains ont déjà démontré avec assez de clarté et de solidité qae cette déclaration du clergé de France, si opposée à l'autorité pontificale et au pouvoir ecclésiastique, rendue dans l'assemblée de 1682, n'était conforme ni « au sentiment commun », ni à celui « de la majorité »; qu'elle n'avait pas été u émise en toute liberté et conscience », mais plutôt sous l'empire de « la crainte ou en vue de la faveur royale »; qu'elle n'avait pas été longtemps maintenue, mais qu'elle fut bientôt rétractée par ceuxlà mômes qui avaient travaillé soit à la faire admettre, soit à la publier; qu'elle n'avait été enfin pour l'Église gallicane la source d'aucune gloire, d'aucune liberté, mais plutôt une tache et une vraie servitude. Ce que d'autres auteurs ont soutenu, appuyés qu'ils étaient sur l'histoire de cette époque et sur de solides arguments. Nous Nous réjouissons de le voir confirmé par les témoignages authentiques que vous apportez. Votre travail, en effet, ne servira pas peu & dissiper des préjugés, à fermer l'entrée aux Bophismes, à persuader, enfin , à tous que les Eglises particulières sont d autant plus fortes et d'autant plus glorieuses qu'elles sont unies par un lien plus étroit au Souverain Pontife, à qui Nôtre-Seigneur a conféré, dans la personne de Pierre, la primauté d'honneur, de juridiction, d'autorité et de pouvoir sur l'universalité des fidèles. Puisse cette lettre vous affermir, et augmenter votre ardeur pour la défense de la vérité; et en attendant, recevez comme gage de la grâce céleste et comme assurance de Notre paternelle tendresse, la bénédiction apostolique que Nous vous accordons avec grand amour.

« Donné à Rome près Saint-Pierre, le 17 février 4869, la 23e année de Notre pontificat. »

de la foi les jugements des Souverains Pontifes Jouissent (Tune divine et souveraine autorité dans toute l'Église, et que tous doivent s'y soumettre d'esprit et de cœur^ soit que VÉpiscopat exprime son contentement ^ soit qu'il omette de le faire; et FÉglise ' de France dit pourquoi l'autorité de ces décrets est divine et souveraine, c'est-à-dire irréformable : c'est parce que « Jésus- Christ a fondé son Église sur Pierre, en lui donnant les clefs du ciel avec V infaillibilité de la foi, que l'on a vue miraculeusement demeurer immuable dans ses successeurs jusqu'aujourd'hui ». ^

Voilà bien la foi de l'Église de France, comme de toutes les Églises de la catholicité.

Si nous voulons maintenant nous convaincre que le gallicanisme lui-même a confessé cette foi, tout en paraissant la contester, il nous suffira d'entendre le plus autorisé de ses théologiens, Tournely; le génie supérieur qui lui sert trop souvent d'excuse, Bossuet; et déjuger ensuite de la foi du gallicanisme par ses œuvres.

« En présence de la nuée des témoins de tous les siècles, invoqués par Bellarmin et tant d'autres, dit Tournely, nous ne pouvons dissimuler qu'il est bien difficile de ne pas reconnaître Fin faillible autorité du Saint-Siège ou de l'Église romaine; mais il est plus difficile encore de la concilier avec la déclaration du clergé gallican (de 1682) de laquelle il ne nous est pas permis de nous écarter *. »

On voit que le caractère n'est pas toujours à la hauteur de la science. Mais, enfin, la science parle assez haut pour faire rougir le caractère. Oui, il est si dificile, en présence de toute la Tradition, de ne pas reconnaître Vinfaillibilité du Saint-Siège, que Bossuet, à son tour, la reconnaît et la confesse en paraissant la contester. Il la confesse, car il affirme avec toute la

1. « Non dissimulandum, difficile esse in tanta testimoniorum mole, quœ Bellarmlnus, Launolus et alil congerunt, non recognoscere apostolicœ Sedis, seu Romanœ Ecclcsiœ certam et infallibilem auctoritatem ; at longe difâcilius est ea conciliare cum declarallone clerl Gallicani a qua rbcedbre NOBis NON pERMiTTiTUR. » {Prcclect, thcoL, « De Eccles., » q. 5, art. 3; edit. Par., 1727, t. II, p. 134.)

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