‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 79 sur 536 · LIVRE III, DOCUMENT GCXVII · texte numérisé non relu

LIVRE III, DOCUMENT GCXVII

catholicité que le Saint-Siège en vertu des promesses de son divin Fondateur, ne peut jamais faillir *. Mais il parait la contester, en distinguant le Siège ou la Chaire de Pierre, du Pontife qui s'y trouve assis!

La foi de l'Église romaine, selon le rédacteur de la Déclaration, est indéfectible, quoique renseignement du successeur de Pierre ne soit pas infaillible : le Souverain Pontife peut, même lorsqu'il parle ex cathedra, enseigner momentanément Terreur, dans laquelle il ne persévérera pas, car les promesses de Jésus-Christ sont là. Mais où ces promesses distinguent-elles entre le Siège apostolique et le Prince des Apôtres! Et comment ose-t-on invoquer ces promesses plutôt pour empêcher le Pape de persévérer dans l'erreur que pour l'empêcher d'y tomber, dît le Cardinal Gousset? Ni les Pères, ni les Conciles, ni les Souverains Pontifes, n'ont jamais distingué entre la Chaire de Pierre et les successeurs de Pierre. Cette distinction était inconnue des anciens : l'antiquité ne nous en offre aucun vestige, et l'Église de France, avant et après 1682, ne se sépara pas de l'antiquité. Elle lui resta fidèle à l'époque même de l'assemblée de 1682, car c'est alors que Fénelon, digne organe des Évoques de France que la crainte de la Cour ne put atteindre , parlait ainsi de l'opinion qui distingue entre la Chaire de Pierre et les successeurs de Pierre : « Cette opinion répugne évidemment aux paroles de la promesse faite par Jésus- Christ, et à toute la Tradition. On peut dire justement de cette chimère, de hoc commento, ce que saint Augustin disait à Julien : « Ce que vous dites est étrange, ce « que vous dites est nouveau , ce que vous dites est faux. Ce « qu'il y a d'étrange, nous l'entendons avec surprise ; ce qu'il «y a de nouveau, nous le repoussons; ce qu'il y a de faux, « nous le réfutons '. »

Du reste, ce que le gallicanisme conteste en théorie, il le confesse en pratique; et c'est là surtout ce qui nous a fait dire de cette école qu'elle paraît contester Finfaillibilité du Souve-

i. Gallia orihodoxa, lib. X, c. vu.

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