‹ Histoire du Concile du VaticanChapitre 80 sur 536 · De Sum, Pontif. auctoritate, c. viii · texte numérisé non relu

De Sum, Pontif. auctoritate, c. viii

rain Ponlife. Soit incoDséquence, soit instinct catholique ' heureusement plus fort que les préjugés d'école, les Évèques attachés au gallicanisme, Bossuet surtout avec toute Tardeur de sa grande âme, ont toujours reçu comme les autres Évèques, avec une pleine soumission d'esprit, les constitutions dogmatiques des Papes, condamnant sans hésitation et sans délai, absque cunctationey tout ce qui avait été condamné solennellement par les Papes.

Nous ne voulons pas terminer ce chapitre sans rappeler deux mots du comte de Maistre : le premier sur Bossuet, le second pour Bossuet.

Voici le premier :

« J'en demande bien pardon à Tombre illustre de Bossuet ; mais, lorsqu'il nous dit que la doctrine de Y infaillibilité a commencé au xiv^ siècle, il semble se rapprocher de ces mêmes hommes qu'il a et tant et si bien combattus. Les protestants ne disaient-ils pas aussi que la doctrine de la transsubstantiation n'était pas plus ancienne que le nom? Et les ariens n'argumentaient-ils pas de même contre la consubstanticUité? Bossuet, qu'il me soit permis de le dire sans manquer de respect à un aussi grand homme, s'est évidenmieut trompé sur ce point important. Il faut bien se garder de prendre un mot pour une chose, et le commencement d'une erreur pour le commencement d'un dogme. La vérité est précisément le contraire de ce qu'enseigne Fleury ; car ce fut vers l'époque qu'il assigne, que Ton commença, non pas à croire^ mais à disputer sur Yinfail^ libilité. Les contestations élevées sur la suprématie du Pape forcèrent d'examiner la question de plus près, et les défenseurs de la vérité appelèrent cette suprématie infaiWbité^ pour la distinguer de toute autre souveraineté ; mais il n'y a rien de nouveau dans l'Église, et jamais elle ne croira que ce qu'elle a toujours cru. Bossuet veut-il nous prouver la nouveauté de cette doctrine? Qu'il nous assigne une époque de l'Église, où les décisions dogmatiques du Saint-Siège n'étaient pas des lois ;

1. Card. Gousset, ThéoL dogm.. De V Église; part. III, ch. m.

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