IV
Le même auteur dit encore, en parlant des décisions doctrinales des Papes :
<( Celui qui a promis la fin (rinfaiilibilité dans la foi)» a promis sans aucun doute les moyens de Tatteindre ; et il ne nous servirait de rien de savoir que le Souverain Pontife est infaillible quand il définit sans témérité , si nous ne savions qu'en vertu de la promesse divine elle-même, jamais la Providence ne peut permettre que le Souverain Pontife définisse témérairement ^ »
« De même donc que nous sommes certains, a priori^ dit le Pape Grégoire XVI, que Dieu ne permettra jamais que son Église, dépositaire et gardienne des vérités révélées, propose aux fidèles, par un jugement définitif et sans appel, une doctrine hérétique, et que par conséquent elle ne prononcera jamais une décision solennelle et dogmatique dans un Concile général, avant d'avoir employé les moyens nécessaires pour ne pas t€7iter Dieu; ainsi est-il certain et indubitable, a priori^ que Jésus-Christ, qui a promis à saint Pierre et à ses successeurs que la foi dans laquelle ils doivent paitre ses brebis ne manquera jamais, ne permettra pas non plus que les Papes négligent, les moyens nécessaires pour ne pas le tenter, avant de juger avec la plénitude de leur autorité *. n
Le Cardinal du Perron, cité par le comte de Maislre, dit de même : « L'infaillibilité qu'on attribue au Pape, comme au tribunal souverain de l'Église, ne veut pas dire qu'il soit assisté de l'Esprit de Dieu, pour avoir directement sa lumière nécessaire à décider toutes les questions; mais son infaillibilité consiste en ce que toutes les questions auxquelles il se sent assisté d'assez de lumières, il les juge; et les autres auxquelles il ne se sent pas assez assisté de lumières pour les juger, il les remet au Concile. »
Ces paroles de du Perron amènent de Maistre à citer celles-ci de Tbomassin : « Ne nous battons plus pour savoir si le Concile œcuménique est au-deasus ou au-dessous du Pape. Conten-