LIVRE m, DOCUMENT CGXVII
Concile de Trente, par exemple, les canons qui analhématisenl l'erreur, soient seuls dogmatiques, qu'ils exigent seuls un assentiment de foi, et que les chapitres divers qui les précèdent méritent assurément le plus grand respect et jouissent d'une aatorité supérieure h celle des œuvres théologîques les plus sûres, mais ne constituent cependant nulle part une règle de foi?
Certes, il ne faut pas confondre avec ce qui fait Vobjet même des enseignements dogmatiques, les propositions incidentes, les explications, les preuves, les réponses aux objections qui peuvent s'y trouver mêlées ; il ne faut pas confondre non plus avec des décisions dogmatiques, des décrets de discipline, même générale, oîi l'Église est infaillible, sans doute, mais en ce sens qu'elle ne peut rien décréter de contraire à la foi ou aux mœurs. Ces distinctions une fois bien établies, nous pensons que l'assertion relative aux canons et aux chapitres de doctrine du Concile de Trente, est trop absolue, et que renseignement doctrinal du Concile, même en dehors des canons qui analhématisent l'erreur, constitue souvent une règle de foi. Et pourquoi le pensons-nous? Parce que le Concile le dît formellement lui-même. En effet, passant des chapitres de la quatorâÈme session aux canons qui les suivent, le Concile dit expressément :
K Voilà ce que le saint synode professe et enseigne sur les sacrements de pénitence et d'extrème-onction, et ce qu'il propose à croire à tous les fidèles, et à garder par tous : Omnibus tredenda et tetienda proponit. Les canons qui suivent, doivent Être inviolablement observés, et le Concile anathématise ceux •{ui enseigneraient le contraire '. »
Le Concile s'exprime dans le même sens dans d'autres endroits encore, par exemple à la fin des chapitres de la sixième session sur la justification :
1. ( Hœc sunt, qaas de pcenileDtiœ et eitremee unctioDi's sacranienlia laacla hœc œcumenica synodus profitetur et dacet, atque omDibus ctiristifideljbus credenda et tenenda proponit. Sequentes autem canonea ioviolabiliter serraDdos esse Iradît; et assereates cootrarium perpetuo damnai et aD&thematîzat. ■
\i8 LE CONCILE DU VATICAN.
« Après avoir établi sur la juslilication celle doctrine catholique, que chacun doit recevoir et garder fidèlement et fermement, s'il veut être justifié, il a plu au suint synode d'ajouter les canoDS qui suivent, afin que tous sachent non seulement ce qu'il faut tenir et suivre, tenere et sequi, mais aussi ce qu'ils doivent fuir et éviter '. »
N'est-il pas clair que le Concile entend faire connaître par les canons les erreurs qu'il faut éviter si l'on ne veut pas tomber dans l'bérésie, et qu'il enseigne dans les chapitres la doctrine qu'il faut croire : Sancta œcumeiiica synodus hxc profitetuT et docet, atque omnibus ehristifidelibus credenda et tenenda proponit?
Si ce n'est pas là dire formellement que l'on donne une règle de foi, omnibus credenda proponit , qu'est-ce donc'?
Le Cardinal Gousset, sans confondre ici, comme on le lui a reproché sans raison, les décrets dogmatiques et les décrets disctpliuaires, fait observer, dans son Ej:position des principes du droit canonique, que les Souverains Pontifes (pas plus que les Conciles) « ne recourent pas toujours à l'anathème pour faire prévaloir la saine doctrine ; qu'ils n'enseignent pas seulement par voie de condamnation; qu'ils enseignent aussi par voie d'exposition, par l'exercice du ministère pontiQcal ou du magistère [magisterium] dont ils sont investis. »
C'est ce que nous disait tout à l'heure Grégoire XVI (Maur. Cappellari), conformément à ce qu'a écrit Metchior Cano,
I. «Posthanccatholicftin de justifloalione doctrinam, quam nisi quisque fideliter flrraiterque receperit, justiGcari dod poterit, placuit sauctœ sjnodo hos canones subjuogere, ut omnes sciaDt, noD solum quid tenere et sequi, sed eliam quid vjtare et fugere debeunt. m
S. DaDS son Histoire du Concile de Trente, le Cardinal Pallariciul confirme ce que oous Tenons de dire. Voici ses paroles : « Legali, répudiais communiter prims canonum forma, daloque negolio alterius reficieodœ, de qna dicemus, opporlunius fore^ ceusueruat, brevitalis et daritatis gralia, non omnia per canones et analliemBla sancirc : lioc cnim paclo ftUsutn dumtaxdt, quod est inCnitum, prose ri prissent : verum non ciplicassent guod vttum est, et quo uno rite formata cuncta opposita falsa infirmantur. Curarunt îtaque rem partiendam, turei in décréta, qua; doctrinam caiholiaUn eïponerent, lum in canows, qui hœreticorum errores damnaretit. » [Hiit. Cône. Trid., lib. Viir, c. xm, n. 4.)