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XIII. Le Concile général et les erreurs de notre temps

Si nous n'avons traité dans cet opuscule que la question de l'infaillibilité, c'est que le loisir nous manque absolument pour aborder aujourd'hui les autres questions de notre temps. Indiquons au moins quelques-unes de celles qui se dressent devant le Concile.

Le Concile de Trente se trouvait en présence du protestantisme. Le Concile du Vatican va se trouver en présence d'une erreur plus radicale, de celle qui s'est donné les beaux noms de rationalisme, de libre pensée, de libéralisme, et d'autres noms encore qui ne sont que des masques. Le Concile arrachera ces masques à l'erreur, pour découvrir au monde le vrai visage qu'elle lui cache. Pie IX l'a déjà fait, et à plusieurs reprises, dans l'encyclique Quanta cura^ et dans d'autres enseignements adressés à l'Église universelle ; mais le Concile va le faire à son tour, et c'est pour le lui voir faire avec la puissante efficacité qu'ont toujours eue les Conciles généraux, qjie Pie IX a convoqué celui-ci. Pierre a dit à ses frères : Venez à la nouvelle Jérusalem, et joignez-vous à moi pour briser les chaînes des âmes et les chaînes du monde, pour délivrer, autant qu'il est en nous, les âmes et le monde de l'empire du mensonge et de l'empire du mal.

1, AcT., IV, 10, H.

LTVRE III, DOCUMKNT CCXVII. 125

Le Coacile de Trente ne s'est pas borné à condamner les erreurs du protestantisme; mais, afin de les dévoiler pleinement, il a fait, de la foi véritable, un exposé lumineux et magnifique.

Le CoDcile du Valicau ne condamnera pas seulement non plus les erreurs du prétendu rationalisme et du prétendu libéralisme ; mais, en présence de ces erreurs, il affirmera la vérité qui les dévoile, et fera briller h. tous les yeux les splendides harmonies de la raison et de la foi. Il oe répondra pas avec moins de puissance aux erreurs du xix" siècle, que ne l'a fait le Concile de Trente aux erreurs du xvi*. Il fera voir que le rationalisme n'est pas la raison, que le libéralisme n'est pas la liberté, et que la libre pensée n'est qu'une eselave toujours inclinée sous le souffle de l'opinion qui passe. Il fera voir que sous ces noms modernes se cachent de vieilles erreurs, ou plutôt l'erreur originelle qui, cent fois vaincue, revient toujours à la charge, et qui ne cessera de lutter contre la vérité jusqu'à la Sn de l'épreuve ou de la vie de l'humanité dans le temps.

Nous avons ailleurs constaté par l'histoire que tuutes les erreurs de l'ancien monde, c'est-à-dire du monde antérieur à l'avënement du Christ, e( toutes les erreurs du monde nouveau, c'est-à-dire du monde qui date de l'ère chrétienne, sont sorties d'une même source : de la division ou de la mutilation de la vérité'. L'Esprit de mensonge est le père de la fameuse maxime : Divide et impera. L'apparition d'une nouvelle forme de l'erreur fut toujours le signal d'une nouvelle attaque contre l'unité de la vérité.

Le dernier combat livré à cette unité divine n'a jamais entièrement cessé depuis trois siècles. Il a commencé sous le drapean du protestantisme, au moment même où l'unité chrétienne, après avoir conquis l'Europe, retournait en Asie à la suite de François -Xavier par le chemin de Vasco de Gama, et prenait en même temps possession du nouveau monde par la foi de Christophe Colomb et d'une légion d'apôtres et de

l. Le Christ et les Anlechrists, part, U; Jisus-Clirisl dans l'histoire eh. u, § 3, el ch. m, g 3.

martyrs *. Les porte-voîx de la nouvelle erreur n'en aperçurent pas eux-mêmes toute la portée, mais elle n'en contenait pas moins en germe la guerre radicale aujourd'hui déclarée au Christianisme.

Nous voulons, disaient-ils, ramener le Christianisme à sa pureté primitive, en le réduisant à la Bible seule, car TÉglise universelle a défailli !

Ils séparaient ainsi ce que le Christ a uni : la parole écrite de la parole vivante, TÉcriture de TÉglise, la loi de l'autorité ; mais, en les séparant, ils les reniaient toutes les deux, et, le voulant ou ne le voulant pas, repliaient Jésus-Christ lui-même.

Ouvrez l'Evangile : qu'y lisez-vous ?

Que Jésus-Christ a institué un apostolat universel et perpétuel, une véritable autorité enseignante, avec promesse d'assis* tance divine, sans interruption jusqu'à la fm des temps : Allez et enseignez ; allez et enseignez tous les peuples; allez et enseignez tous les siècles; je suis avec vousjusquà leur consommation.

Montrez-moi donc cette autorité apostolique, montrez-lamoi enseignant partout et toujours depuis Jésus-Christ, montrez-la-moi catholique, perpétuelle, infaillible, ou ne me parlez plus de la Bible; car la Bible sans l'Église ne serait qu'un livre de fausses promesses. Montrez-moi la grande autorité si clairement fondée par Jésus-Christ, ou ne me parlez plus de la divinité du Christ ; car le Christ sans l'Église enseignante, catholique, perpétuelle, infaillible, ne serait plus qu'un fondateur infidèle !

Voilà ce que dit la raison.

Aussi, le rationalisme, en niant la révélation écrite et la divinité de Jésus-Christ, qui est, par-dessus tout, le Dieu béni dans tous les siècles, le rationalisme n'est que le protestantisme tristement logique.

Ce n'est pas tout. Après avoir renié la révélation de Dieu à l'homme, le rationalisme, usé dans sa première forme par

i. Ce n*est pas la prétendue réforme qui a trouvé la boussole, qui a inventé l'imprimerie, qui a découvert le nouveau monde : ce sont les enfants de TËglise.

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