‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 13 sur 108 · RÉFUTATION DE LA QUATEIEME BROCHURE · texte numérisé non relu

RÉFUTATION DE LA QUATEIEME BROCHURE

par tous ceux qui saisissent cette déduction, sans conserver de doute raisonnable sur sa valeur (p. i3). /

Dans les pages suivantes, le P. Wilmers fait une très juste remarque. A mes adversaires, dit-il en substance, incombe la charge de démontrer leur thèse, si, — malgré les paroles du Christ établissant Pierre fondement inébranlable de la foi, et malgré les décrets des conciles qui nomment le Pontife romain père et docteur de tous les chrétiens et l'Eglise romaine maîtresse de toutes les Eglises, — ils veulent faire dépendre du consentement des autres Eglises la soumission absolue à une décision dogmatique du Pape. « La nécessité de cette ai^probation doit se démontrer par des arguments irréfutables; elle ne peut se présumer sans preuves, ni s'affirmer en se fondant sur des raisons sans consistance (i). m A coup sûr, s'il est établi que l'Infaillibilité pontificale peut être déduite avec certitude de la Sainte Ecriture, des décrets conciliaires ou surtout des principes de la foi, il est assez vain d'apporter quelques arguments historiques qui semblent mettre en doute cette vérité. De tels arguments pourraient être invoqués aussi bien contre les décisions des conciles oecuméniques et servir à combattre leur autorité doctrinale infaillible. Pour la question présente comme x^our toutes les vérités révélées, le principe suivant garde toute sa valeur : Ce qui contredit une vérité révélée doit sûrement être tenu pour faux, même si l'on ne voit pas la raison de sa fausseté intrinsèque. Et il n'est nullement nécessaire de résoudre toutes les difficultés si clairement que le premier fidèle venu saisisse la solution avec la plus grande facilité. Car, si les autres points de foi, par exemple les mystères de la Très Sainte-Trinité ou de l'Eucharistie, réclamaient une si grande clarté, jamais ils n'auraient pu être définis (2). »

,1) Ibicl.,p.l4.

(2) Ibid., p. 14sqq.

« Au reste, w disait l'auteur en terminant la discussion, « quiconque voudra, dans le calme feuilleter les œuvres des plus éminents théologiens, y trouvera toutes les objections contre l'Infaillibilité réfutées depuis plusieurs siècles. Il ne s'agit pas d'une doctrine nouvelle, mais d'une doctrine scientifiquement discutée à maintes reprises, d'une doctrine professée x)ar les fidèles qui se soumettent aux décisions pontificales en matière de foi. Puisse cette loyale obéissance n'être pas rendue joins difficile aux croj^ants par ceux qui mettent tant de zèle à combattre l'Infaillibilité (p. i5)! )> /

Le cardinal Eauscber, dans son deuxième chapitre, avait insisté surtout sur ce fait qu'après l'âge apostolique « l'accord doctrinal des Eglises même les plus lointaines était regardé comme une preuve certaine que l'on possédait intégralement la vérité transmise joar les apôtres » (i). En réponse le P. ^^ ilmers montre que la question de l'accord de toutes les Eglises n'est ni la seule route, ni, en tous cas, la meilleure, pour découvrir la vérité. « L'auteur veut-il seulement établir par là que le concert de toutes les Eglises est une preuve de vérité? C'est un fait universellement concédé, car l'Eglise est « la colonne et le fondement de la vérité », et dans son ensemble elle ne jseut jamais errer; aussi, dès que l'accord des Eglises sur un dogme est manifeste, la vérité de ce dogme est, par le fait, établie.

Mais il ne faut pas conclure que cet accord est Y unique moyen de trouver la vérité, ni même qu'il offre toujours par lui-même une réponse irréfutable. Sans doute, nous ne croyons pas que l'auteur l'ait prétendu, mais nous jugeons utile de joarler net pour éviter toute ambiguïté que pourrait faire naître la discussion. Du fait que cette unanimité des Eglises n'est pas le seul moyen de parvenir à la vérité découle cette conclusion : la persévérance dans la vraie foi appartient

(1) Ohservaliones,e\c ,p. 7,

Page 1