LES TEXTES DE SAINT THOMAS
doctrine de saint Thomas exposée dans le corps de l'article. Elle est si claire qu'elle ne prête vraiment pas à controverse; et dans ces ligues ne figure aucun document non authentique » (p. 71).
Mais le cardinal Rauscher s'était appuyé par avance sur une phrase de la réplique à la première objection {Sed contra est...). Bossuet l'avait déjà exploitée d'ailleurs pour sa thèse (i). Il croyait y trouver une restriction à la doctrine du corps de l'article. Mais, citons les textes. Après avoir rapporté trois objections qui militent contre sa thèse, saint Thomas continue : « Par contre {Sed contra est...) c'est le concile général qui publie le symbole. Or le pape seul a qualité pour convoquer le concile. (Decref. dist. 17, cap. IV et V.) Donc la publication du symbole relève de l'autorité du pape ».
D'après le cardinal, saint Thomas réduisait ici l'autorité du pape sur le symbole, au seul pouvoir de convoquer le concile. /
Mais le PèreWilmers répond : « Qui connaît son saint Thomas sait bien que ce n'est pas dans le paragraphe Sed contra que le saint docteur développe sa pensée, mais dans le corps de l'article. Quelquefois il y confirme sa position et c'est ici le cas. C'est parce que les intérêts généraux de l'Eglise universelle sont confiés au Pape, qu'il lui appartient de convoquer le concile, et reconnaître au Pape ce droit, c'est reconnaître en principe que les intérêts généraux de l'Eglise relèvent de lui. Or, les questions de foi sont évidemment d'intérêt général et relèvent par conséquent du pape. — Que telle soit la pensée de saint Thomas, c'est ce qui ressort de la dernière phrase du corps de l'article cité plus haut (2) ». Sur quoi le PèreWilmers remarque que saint Thomas range sur la même
(1) Dcfensio déclarai, cleri gall., 1. 10, c. 16. (•2) Animadversiones, p. 72.
ligne la publication d'un symbole et la convocation d'un concile. Saint Thomas n'a pas pu vouloir dire : « Le pape ne peut convoquer le concile qu'avec l'assentiment de l'Église ou d'un concile; ce qui est absurde. De même saint Tlio^'mas n'a nullement dit que le pape ait besoin de l'assentiment de l'Eglise ou d'un concile pour publier un symbole. »
On avait objecté ensuite que le premier concile d'Eplièse avait défendu de rédiger de nouveaux symboles.
Le Père Wilmers réfute cette objection en suivant saint Thomas, puis il cite deux autres passages de la Somme qui reconnaissent au pape le droit de définir et d'imposer «ne règle de foi. Citons le second de ces textes (loc. cit., ad 3) : « Athanasius non composuit manifestation em fidei per modum symboli, sed magis per modum cuiusdam doctrinae... Sed quia integram fidei veritatem ejus doctrina breviter continebat, auctoritate summi Pontificis est recepta, ut quasi régula fidei habeatur. » /
On voit ce que, d'après saint Thomas, il faut penser de cette affirmation du cardinal : « Il n'y a certainement pas encore eu un seul pape qui ait cru pouvoir de lui-même imposer à l'Eglise un symbole de foi » (p. 72, sq.).
Xous ne nous arrêterions pas si longtemps à ces discussions un peu scolastiques, si elles ne facilitaient l'intelligence des débats où furent ai^portées ces objections et d'autres semblables.
Les Pères de la minorité voulurent aussi se couvrir de l'autorité de saint Antonin, disciple de saint Thomas. Ainsi avait fait l'auteur de la Quaestio distribuée par M^-de Ketteler. La pensée de saint Antonin était si claire, prétendait-il, que personne ne pouvait la mettre en question (loc. cit., p. 47, sqq). Examinons-la.
Saint Antonin note d'abord (S. Th. 3, tit. 32, c. 3) qu'en matière de droit divin on natnrel, c'est au pape que revient l'explication des doutes; c'est le sens de ces paroles : « C'est