LA CONTROVERSE
sions des premiers conciles ! etc. Enfin, les tvêques n'ont pas seulement à attester ce que croit leur troupeau, ils doivent .attester encore ce que Jésus-Christ et les apôtres ont enseigné, nous l'avons vu plus haut (i).
L'unanimité morale des Pères, dans les définitions de foi, fit cependant l'objet de vives controverses dans les revues et les brochures. Nous avons sous les yeux deux brochures françaises anonymes, parues, l'une à Paris (li), l'autre à Naples (3). Toutes deux soutiennent l'unanimité morale.
L'opinion contraire est défendue par le Père Valentin Steccanella, S« J. (4), et Joseph Permachi (5), dans deux brochures latines, et par M»'' Zinelli (6), évêque de Trévise, dans une brochure italienne. Au reste, la Direction du concile ne voulut pas abandonner à la science privée l'étude de cette question. Elle confia au consulteur Sébastien Sanguineti le soin de rédiger un avis sur la matière, et pria le secrétaire du concile de préparer un aperçu historique sur la pratique des anciens conciles.
Le rai)port du Père Sanguineti (7) a été imprimé et les archives du Concile du Vatican en conservent de nombreux exemplaires. Elles possèdent également le travail de M""" Fessier (8), écrit et signé de sa main ; de même qu'un
(1) Voir? vol. p. 102.
(2) L'unanimité dans les conciles oecuméniques, in-16, pp. 72, Paris, 1870.
(3) De l'unanimité morale nécessaire dans les conciles pour les définitions dogmatiques. — Mémoire présenté iaux Pères du concile du Vatican, pp. 51. Naples, 1870.
(4) Adversus novain doctrinam de necessitate unanimis episcoporum consensus theologica disquisilio, p. 66. Ronice. 1870.
(5) De suffragiorum phiralilate in Conciliis generalibus contra « l'unanimité dans les Conciles oecuméniques », p. 28. Romœ, 1870.
(6) Delta unanimitd dei suff'ragi nei decreti dommatici dei Concilii oecumenici, p. 74. Torino, 1870.
(7) Quinam suffragiorum numerus requiralur in Concilio oecuinenico ad definiendum dog/na fidei. — Signé le 5 avril par iSanguineti.
(8) Praxis Conciliorum universalium de numéro suffragiorum in quaeslionibus fidei dogmatioe definiendis.
certain nombre d'opuscules de moindre importance, provenant, la plupart, d'auteurs inconnus.
Les arguments mis en avant par les brocbui^es qui soutiennent 1 unanimité morale sont déjà contenus en germe dans la protestation de la Minorité (i); l'opinion précitée sur le rôle des évèques est longuement exposée par la brochure française de Naples (2). Elle ne dut pas sembler a^ux adversaires dune réfutation difficile : ils s'y attardent peu et développent surtout les preuves directes de leur thèse.
M-r Zinelli défendit cette thèse que « hormis le cas où une loi spéciale prescrit à une assemblée le mode à suivre dans les décisions à prendre, c'est la majorité qui décide, et l'unanimité n'est pas nécessaire (3). /
Le rapport du Père Sanguineti s'appuie sur la nature et les devoirs du concile ijour conclure que l'unanimité morale n'est pas nécessaire. Les longs développements qu'y j^rend la preuve ne sont pas dus à la prolixité, mais à un extrême souci d'exactitude. Ne signalons que les principaux./
La majorité des évêques réunis en concile œcuménique et unis au pape représente si pleinement l'Eglise enseignante avec son chef que les sentences qui en émanent peuvent et doivent être acceptées comme sentences de l'Eglise enseignante Que leur manque t-il encore? On ne peut certainement imposer l'unanimité de tous les suffrages, sans une seule exception, comme la réclamaient pour une définition dogmatique les Jansénistes du XVIIP siècle finissant : pareille exigence « suffirait à entraver la condamnation de n'importe quelle hérésie qui aurait des évêques pour fauteurs ou partisans; elle supposerait, assez à la légère, que-
Ci) Voir II" vol., p. 300 sqq.
(2) De l'unanimité morale, etc., p. 37 sqq.
(3) Délia unanimttà, etc., p. 14 sqq.