DIFFICULTES
chisme a été composé pour montrer aux curés comment ils doivent instruire les fidèles, mais il ne leur prescrit pas les formules à employer.
S'il est question d'obliger tous les catéchistes à enseigner les premiers principes de la foi suivant une méthode uniforme, et à se servir de termes consacrés par l'usage de l'Eglise, le cardinal y souscrit; il a depuis longtemps exprimé le souhait d'une méthode uniforme, là où les mœurs et les institutions se ressemblent, et les évêques de ces contrées devraient la prescrire. Mais l'unité qu'il faut dans l'Eglise n'exige pas une concordance littérale dans l'enseignement, lequel, d'ailleurs, doit tenir compte du caractère et du degré de culture des peuples ; l'Eglise ne reconnaît-elle pas cette légitime adaptation dans sa discipline particulière qui est loin d'être uniforme pour tous les paj'S? Qu'en Amérique, qu'en Espagne, il faille imposer partout le même catéchisme, cela regarde les évêques de ces différents pays; mais on doit consulter aussi les évêques d'Autriche au sujet des nations dont se compose cet empire.
Le Cardinal s'étend alors sur la question des écoles en pays autrichiens. Là les évêques ne peuvent introduire aucun catéchisme sans l'assentiment du gouvernement. Le concordat lui-même sauvegarde le droit des gouvernements relatif à la méthode et à la forme de l'enseignement. Sans l'agrément du (>onseil d'instruction (consilia scholastica), qui a été introduit dans ces derniers temps, rien ne peut être changé aux livres de classe, comme rien ne peut non plus être modifié sans la volonté des évêques. Le parti qui tend à séparer l'école de l'Eglise ne songe pas à changer l'un ou l'autre article, mais cherche à inspirer à l'enfance du mépris pour la religion. Une grande circonspection s'impose donc à l'Eglise. La manière d'enseigner la religion en. Autriche est très bonne, et même les catholiques les plus fidèles protesteraient contre un changement. Si l'on adopte le petit caté-
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chisme, il faut renoncer à cette méthode. Les libéraux seraient amenés à prendre de nouvelles mesures persécutrices. /
En terminant, l'orateur formule un vœu : si l'on tient absolument à introduire le catéchisme universel, / qu'on le recommande aux évêques, sans le leur imposer. Ce vœu fut accueilli par les auditeurs avec des signes de désapprobation.
M^r Rota (i) coiupience par se plaindre de la longueur des discours et insiste pour qu'on presse la discussion. On n'a presque rien fait encore ; qu'on ne discute pas indéfiniment sur les détails du projet, comme pour le schéma de Fide, et qu'on passe aux votes, en laissant au rédacteur le choix des termes : il n'y a là aucun péril pour l'orthodoxie puisqu'il s'agit d'un décret disciplinaire. L'évêque passe au procédé à suivre dans l'élaboration du catéchisme. Si la loi est acceptée, il faut, dit M-"" Rota, demander au Pape de désigner, par lui même ou par d'autres, les rédacteurs du nouveau catéchisme. Puis les évêques pourraient être invités à remettre, jusqu'à une date fixe, leurs postulata au secrétaire du Concile, pour être utilisés par les rédacteurs : l'essai achevé sera distribué aux Pères; leurs observations sur les additions ou retranchements à faire une fois recueillies, le débat pourra commencer. Entre temps, pourquoi ne pas reprendre les schémas déjà étudiés et les mener à bonne fin? De nouveau l'orateur exhorte les Pères, à se hâter, sinon tant de lenteurs engendreraient l'ennui et pourraient susciter au Concile des difficultés imprévues. On devrait discuter simultanément et parallèlement plusieurs sujets, et quand on juge l'un d'eux mûr, il faudrait conclure, en usant du droit conféré par le décret du 20 février. Le Concile s'est ouvert sous d'heureux auspices. Il faut prendre garde que, des événe-
(l) Aela. etc., 11,469 sqq.