‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 39 sur 108 · RAPPORT DE M^' PIE · texte numérisé non relu

RAPPORT DE M^' PIE

^titution de l'Eglise, dont Notre-Seigneiir Jésus-Clirist, en •sage architecte, a lui-même posé le fondement, quand il a dit à Pierre : « Et moi Je te dis que tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise. » Or, suivant les Pères grecs et latins et d'après les meilleurs théologiens, Pierre est ici établi non seulement comme fondement visible, mais comme principe permanent de l'unité de l'Eglise. Voilà pour l'introduction (i).

Le chapitre premier oppose la doctrine de la primauté de S. Pierre à deux erreurs principales. La première est celle des hérétiques et des schismatiques, qui nient simplement l'institution divine de la primauté, ou qui attribuent au Concile général l'autorité suprême et le pouvoir central dans toute l'Eglise. La seconde est celle des Richériens (gallicans) et autres novateurs, pour qui la primauté, et d'une manière générale tout pouvoir de gouverner, a été conféréepar Jésus- Christ immédiatement et essentiellement à l'Eglise, qui le remet à Pierre comme à son ministre (2).

Le rapporteur arrive bientôt au chapitre deuxième sur la perpétuité de la primauté. Il faut distinguer ici le droit divin, fondé sur l'ordre de Jésus-Christ, en vertu duquel Pierre aura toujours des successeurs, et le droit humain, ou mieux ecclésiastico-apostolique, en vertu duquel les évêques de Rome sont ses successeurs, Pierre ayant transféré sa chaire apostolique à Rome et l'ayant consacrée de son sang, par la disposition admirable de Jésus-Christ, comme dit le pape Gélase, et par la détermination du Seigneur, comme s'exprime le second concile de Latran. / Les questions plus ou moins librement débattues dans les écoles sur la durée de la ville éternelle et l'union de la primauté au siège épiscopai de Rome ne sont pas touchées par la constitution (3).

(l)C.K.,29lc. sq.

(2)Ibid.,292b.

(3)Ibid.,293a sqq.

M^*" Pie parle plus longuement du chapitre troisième rela tif à la nature du primat. Mais, auparavant, il s'exprime ave< force sur la manière, accréditée récemment dans certains milieux, dont on interprète des passages de l'Ecriture d'un( antiquité vénérable, et depuis longtemps expliqués par l'autorité : « A cette occasion, je ne puis m'empêclier d'exprimei la douleur que je ressens au plus profond du cœur, je dirai même ma stupéfaction et ma terreur de voir des textes évan] géliques et apostoliques dont le sens a été fixé si souvent, d'une manière irréfragable, par des décisions explicites, oui, aussi explicites que possible, des Papes et des Conciles généraux, non seulement mises en doute, mais encore détournée) en sens contraire.

Pardonnez-moi, Révérendissimes Pères, si je dis ouverte^ ment ce qui m'est venu plus d'une fois à l'esprit, ces joun derniers. Vraiment nous devons au Dieu de toute bonté un^ grande reconnaissance de ce que, dans les conciles anté^ rieurs, et spécialement au concile de Trente, tant et de sF importantes questions de foi ont été mises liors de doute et définies par le jugement suprême de l'Eglise. Si, pour fixer un dogme d'après l'Ecriture-Sainte et la Tradition, il avait fallu emploj^er la métliode j)réconisée aujourd'hui par maints écrits, j'ose l'affirmer, on n'aurait pu établir une décision dogmatique sur le canon des Saintes Ecritures, sur le& sacrements de confirmation et d'extrême-onction, sur le sacrement de pénitence, non pas même sur la présen.ce réell& de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la sainte Eucharistie (i). Les applaudissements qui saluèrent ces paroles prouvèrent qu'elles exprimaient la pensée de beaucoup de membres du. concile. /

Presque tous les cinq paragraphes du chapitre troisième donnent lieu à des observations. L'orateur explique l'addition

(1)C. F., 294b. sqq.

Page 1