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LES HESITATIONS DES PRESIDENTS Ig
anxieux, travaillé de scrupules, il hésite, il craint, il ose à peine faire un pas !
« Mais, Monseigneur, » dit le cardinal, « il s'agit d'une définition, que les chrétiens seront obligés de croire et d'accepter; qu'arrivera-t-il ? Nous aurons un schisme; — je ne puis plus dormir; ne soyez donc pas si pressé! nous avons encore deux mois, etc. (i) »
L'évêque prit congé en disant: « Emineuce, laissez faire la congrégation, l'Esprit-Saint se chargera bien du reste, m (2) Cette disj)Osition d'esprit, ou plutôt ce bouleversement d'esprit, trahit ce qui s'était passé. Lorsque les adversaires de la définition virent qu'ils gagnaient peu à faire agir les diplomates, (3) ils essayèrent d'entraver les i^rojets de la Majorité. Ils s'y rallieront, déclarent-ils, pourvu que l'on présente le schéma De Ecclesia Christi dans l'ordre des chapitres, c'est-à-dire en commençant, non par le onzième, mais par le premier chapitre. Plusieurs évêques furent trompés par ces manœuvres. Le cardinal Morichini, qui... était très dévoué à quelques évêques de l'opposition, surtout à des évêques anglais, signa une pétition et l'envoya à d'autres pour la signer. / On y demandait que la discussion suivît l'ordre des chapitres. Plusieurs refusèrent de signer, entre autres M-'' Yaleuziani, qui fit répondre au cardinal Morichini, chez lequel il avait été auditeur de nonciature à Munich : « Cette pétition est une honte pour les évêques d'Italie et une infamie pour ceux des Etats de l'Eglise » (4). Vingt-trois évêques italiens signèrent (5).
(1) «Ma, Monsignore, sitratta di una definizione di obligare i fideli a credere che cosa accadera? Avremo uno schisma, non posso piu dormire; non abbia tanta premura ! abbiamo ancora due mesi, etc. »
(2) « Eminenza, lascia lare la Gongregazione, del resto pensera lo Spirito Santo. »
(3) Comparez III' volume, p. 406. sqq.
(4) « Questa petizione péri vescovi d'Italia èunavergogna, e péri vescovi dello Stato pontificio è una infamia. »
(5) DiARiuM, 1. c, n, 27. Cf. 6'. V., 974, c. sq.
[lO-U]
a L'agitation des opposants grandit de jour en jour. Parmi les présidents, Capalti et Bizzarri insistèrent iDOur que la question fût enfin présentée au concile. De Luca et Bilio s'y opposèrent; de Angelis avait perdu courage... Bilio, le président de la Députation de la Foi, se montra favorable à M-'" d'Orléans et aux autres représentants de l'opiiosition; il était anxieux, irrésolu et paraissait même disposé à les suivre, car il ne soumit pas à la Députation de la Foi, comme on s'y était attendu avec raison, le schéma Dé Romano Pontifice, mais continua la discussion de la deuxième Constitution De fide (i). »
Du côté du cardinal Bilio il n'y avait donc rien à espérer. M»'' Manning et M^'"^" Senestréj^ les deux plus ardents partisans de la définition, délibérèrent alors sur les mesures à prendre. Le lundi de Pâques, i8 avril, ils résolurent de se jjrésenter, le soir même, chez le cardinal de Angelis, pour voir s'ils pourraient le décider à intervenir. Comme M='' Manning, à cause de sa santé délicate, ne pouvait pas sortir le soir, M»"^ Senestréy, accompagné de deux autres IDrélats, le vicaire général de Quimper et celui de Nîmes, se rendit ^chez le cardinal. Mais, en s'entretenant avec lui, il vit que les présidents étaient gagnés aux vœux de la Minorité. Il ne restait donc plus qu'à faire connaître au Saint- Père lui-même l'état des affaires. / En conséquence, M»"" de Katisbonne pria ses compagnons de se rendre chez l'archevêque de Bourges et les évêques de Carcassonne, de Quimper, du Mans et d'Hébron, et de les inviter, en son nom et au nom de M»"" Manning, à vouloir bien, le lendemain (19 avril), faire au pape un rap^oort fidèle et le conjurer de ne plus souffrir que les présidents fissent traîner la chose en longueur. (2)
(1) DiARiuM, l.c.,n.28.
(2) DiARiuM, 1. en. 28.
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