DEBATS SUR L ORDRE DU JOUR
que les professeurs de théologie traitent d'abord de l'épiscopat. Plusieurs (i) suivent l'ordre contraire, et l'on est ainsi mieux initié à la doctrine sur la constitution de l'Eglise. Les textes de l'Ecriture- Sainte sur la primauté sont beaucoup plus clairs que les textes sur l'épiscopat.
Les orateurs qui attaquèrent encore le nouveau règlement, n'enricliirent guère l'argumentation de leurs devanciers. M^"" de Ketteler (2) se rallie au cardinal Scliwarzenberg et à M^"" David, dont il essaie de défendre les arguments. M^"" Bravard (3) parle des calomnies que le nouveau règlement va provoquer contre le Saint- Siège. M^"" Strossmayer (4) pense qu'on ne peut isoler la doctrine sur la primauté, à raison des connexions étroites qui relient les doctrines sur la constitution de l'Eglise. M^"" Regnault (5) redoute les idées erronées que fera naître l'infaillibilité du Pape étudiée avant celle de l'Eglise.
M^' Rota (6) se déclare contre la discussion immédiate de la primauté; il a signé une pétition j)Our obtenir l'ajournement du débat. Mais il critique fort justement aussi les arguments de ses prédécesseurs./ Il faut donner le pas à la discussion sur l'Eglise, « non parce qu'il faudrait suivre la méthode scolastique qu'un professeur emploie pour être plus clair et mieux convaincre ses auditeurs, ou qu'un apologiste doit suivre pour réfuter les incrédules et les gagner à la foi. Il s'agit ici de vérités qui sont toutes, sauf une peut-être.
(lî Ainsi Philipps, Kirihe7irechf,l, dans ladoctrine sur l'Eglise traite d'abord de la primauté (p. 65 sqq) et ensuite (p. 159 sqq) de l'épiscopat. Simar, Lehrbuch der Dogmalik (11688 sqq),LAURENTius, Inatilutiones juris ecclesiaslici (p.99 sqq) suivent le même ordre.
(2)^dfl, etc., 111,213 sq.
(3) Ibid.. 111.351.
(4)Ibid.,llI, 467sq. [OUivier (L'Eglise et l'Etat. Il, p. 981), note à propos de ce discours que cette tois « M" Strossmayer à force d'habiletés, de ménagements, de dextérité, de puissance oratoire, se fit écouter sans soulever aucune des tempêtes qui avaient accueilli son dernier discours. »] (N. d. T.)
(5) Ibid., m, 489.
(6)lbid.,m,260sq.
admises par les deux partis. Nous savons que l'Eglise se compose de clercs et de laïcs, et que les premiers forment une hiérarchie dont les degrés et les droits sont, substantiellement, hors de discussion. Il est donc indifférent que nous traitions en premier lieu telle ou telle partie. De plus, notre travail n'est aucunement le fruit d'une élaboration personnelle; il consiste à déduire exactement la doctrine de la révélation divine. Est-elle certainement puisée à la source divine, elle est certainement vraie ; et si la constatation est faite en concile, la doctrine est, de plus, infailliblement vraie Le serait-elle moins si elle n'était pas soumise à l'examen la première? Aucunement; je puis donc regretter qu'on ait discuté, ces jours derniers, à coups de finesses oratoires et, pour parler franc, de so^Dhismes, quand on faisait valoir les comparaisons de chef et de membres, de fondement et d'édifice ; s'il est vrai qu'il n'y a pas de chef sans membres, il est non moins certain que les membres ne peuvent vivre sans chef ; et quand l'architecte pose le fondement de l'édifice, il doit déjà en avoir le plan bien présent à l'esprit. Des arguments de ce genre sont des épées à deux tranchants; qu'on les rapporte à Va ordo intentionis » ou à r« ordo executionis », ils prouvent également et offrent par là même, à d'habiles orateurs, le moyen d'embarrasser des auditeurs inexpérimentés : il suffit de confondre les deux ordres, suivant les besoins de la cause. En réalité, qu'un dogme soit défini avant l'autre, cela n'a pas d'importance, le résultat sera le même s'ils sont tous deux réellement révélés./ Ainsi, qu'on détermine d'abord les droits des évêques ; ces droits n'excluent certainement x>as l'infaillibilité du Pape si elle est révélée; au contraire, si nous établissons d'abord cette dernière vérité , on n'a pas à craindre que les droits des évêques soient violés. Si, d'une manière générale, une vérité n'est jamais en opposition avec une autre vérité, c'est moins encore à redouter quand il s'agit de vérités révélées par
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Dieu lui-même. Mais il n'est plus permis désormais de -discuter cette question (le nouveau règlement), nous n'avons plus à nous écarter de l'ordre fixé.