‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 48 sur 108 · REPONSE DU CARDINAL CULLEN · texte numérisé non relu

REPONSE DU CARDINAL CULLEN

M-"" Calleu confirme l'orthodoxie d'Ilonorius en citant certaines lettres des papes à l'empereur et aux évoques grecs, où il est dit que jamais les évêques de Rome ne se sont souillés d'hérésie. Puis il résume son argumentation et répond ensuite aux deux cardinaux opposants de la veille, et d'abord au cardinal Schwarzenberg (i).

D'après ce dernier, la question n'est pas mûre encore, ni suffisamment débattue : « si les débats qui ont eu lieu ne suffisent pas, répond M^*" CuUen, ils ne suffiront jamais, dussent ils se prolonger jusqu'au jour du jugement. Car on ne peut rien dire contre la doctrine, qui n'ait été déjà dit, et victorieusement réfuté.

ment des opinions hérétiques. M'' Héfélé parle difteremiuent dans le chapitre {Ibid., p. 14o sqq.) où il donne e.r profexso son jugement sur les lettres d'Honorius; ce chapitre révèle la pensée de M'' Hélelé sur l'orthodoxie d'Honorius; et c'est lui que M" Cullen a étudié. Le chapitre est intitulé : Deuxième lelh^e d'Honorius. Son oi-thodoxie. Déià re titre indique ijue M'' Hélelé tenait les leUres d'Honorius pour orthodoxes. Il l'affirme d'ailleurs clairement. Après avoir cité deux passages de la première lettre, il remarque : « En parlant ainsi Honorius énonçait la doctrine orthodoxe, et ce serait une injustice manifeste de l'accuser d'hérésie. » Voilà le premier jiassage ; M*' Cullen le cite d'après l'édition française. La première moitié de la phrase se rajîporte aux passages de la lettre d'Honorius cités auparavant. Mais la seconde moitié est tout à fait générale et absout comp'lètement Honorius et ses lettres. Les deux autres passages de M" Héfelé, produits par M" Cullen, sont aussi fidèlement rendus d'après l'édition française et concordent tout à fait avec l'original allemand. M" Héfelé soutient à présent que le traducteur français n'a pas rendu exactement son texte et a, de ce chef, trompé M" Cullen. Le traducteur français a écrit : « U n'a pas émis d'hérésie sur ce point » (Édition française. IV, 42). tandis qu'il aurait, lui, dit en allemand: « Honorius habe nichts Hàretisches ijedacht ». (Édition allemande, p. 148). Honorius n'a rien pensé d'hérétique. Mais .M" Cullen n'a pas cité ce passage-là. Déplus, si .VI" Héfelé dit ici qu'Honorius n'a rien pensé d'hérétique, il n'a donc point rétracté les autres passages, où il altsout purement et simplement les lettres. Il ressort de ces appréciations que M" Héfelé n'avait pas pour le moins une opinion bien ferme sur l'hérésie d'Honorius et son écrit antérieur pouvait à bon droit être invoqué contre lui, quand il parlait avec une telle assurance des erreurs contenues dans les lettres d'Honorius, et opposait ces lettres à la doctrine de l'infaillibilité du Pape, contenue clairement dans les sources de la toi. M'' Strossmayer, dans un discours postérieur, (63'' congrégation générale [2 juin] Acla, etc.. p. 476). dit que M'' Héfelé n'a pas contredit dans son discours ce qu'il avait écrit dans son Histoire des Conciles, et que M" Cullen a été trompé par la traduction française. On voit à présent ce qu'il y a de vrai dans cette allégation. (1) Acla, III, 108.

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» On a aussi présenté cette doctrine comme l'opinion d'une école isolée, et contesté le droit de la préférer aux autres (i). Voilà du nouveau ! Tous les Franciscains, à la suite de Duns Scot, soutiennent l'Infaillibilité. S. Thomas et son école l'ont toujours ardemment défendue, dans presque toutes les Universités. A coup sûr, l'Université de Louvain ne l'a jamais combattue. Les Universités d'Espagne et la Sorbonne ont professé l'infaillibilité du Pape, jusqu'à l'époque de Louis XIV, comme une doctrine commune./ Les Jésuites la défendent avec ardeur, et ils ont raison, car elle fut jadis proposée par leurs grands théologiens : Bellarmin, Suarez, Vasquez, de Lugo, Pallavicini et autres; il serait bien curieux qu'ils ne la défendissent plus à présent, de toute leur énergie, et qu'ils ne se réjouissent pas de voir la doctrine^ soutenue et défendue par eux, sur le point de devenir ui dogme de foi ! »

M^'' Cullen défend ensuite le comte de Maistre contre cardinal E-auscher. Du fait que le Pape détient le pouvoi suprême conclure que ce pouvoir doit être infaillible : le raï sonnement mérite-t-il bien d'être appelé l'argument du comi deMaistre, alors que S. Thomas a fait un raisonnement a| moins analogue? Il remarque, en effet, que le troupeau unique groupé par Jésus-Christ, a besoin d'un guide suprême qui maintienne tous les chrétiens dans l'unité. Autrement, les erreurs qui naissent ne pourraient être condamnées ; et elles seraient adoptées par les uns, combattues par les autres, et l'unité serait gravement compromise (Siiinma contra Gentiles, et autres passages) (2).

Nous compléterons plus tard le résumé de ce discours. Il fut très apprécié des Pères du concile, et l'orateur fut comblé d'éloges, «les témoignages les plus flatteurs lui furent prodi-

(1) Voir plus haut, p. 172.

(2) Acta, m, HO.

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