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s'adressant exclusivement à la Majorité. Le cardinal lui épargna un nouveau rappel à l'ordre (i).
M^' Maret continua : « Si le concile confesse que, par sa définition, il n'accomplit pas un acte du pouvoir suprême, il s'ensuit que le Pape seul l'accomplit en ratifiant cette définition. Or, d'après la doctrine générale, le Pape agit de concert avec le concile, et, s'il en est ainsi, le concile ne peut pas changer un ordre établi par Dieu et faire du Pape seul un juge infaillible. » Il ajouta encore quelques mots sur la nécessité d'un consentement unanime pour cette définition, et recommanda la proposition du cardinal Schwarzenberg, qui avait réclamé, pour examiner la question, une commission de douze Pères, choisis moitié dans la Majorité, moitié dans la Minorité; il demanda, en outre, qu'on donnâtpubliquement lecture des actes des conciles où étaient traités le droit des évêques et leur rôle dans l'exercice du pouvoir suprême de l'Eglise, sous la direction du Pape. Cette lecture demanderait du temps, beaucoup de temps; mais ce temps devait êt^e accordé, car il serait extrêmement dangereux de porter le décret sans le plein consentement des Pères (2).
(1) Le rapport sténographique ajoute que M'' Maret lisait son discours et n'était peut-être pas à même de le modifier, que probablement aussi il n'avait pas compris le cardinal, parce qu'il avait l'oreille dure et que la tribune des orateurs était éloignée du bureau du président.
(2) [Ollivier {op. cit., p. 283) dit que la dé«approbation des Pères éclata « lorsque (M" Maret) en vint à dire que vouloir juxtaposer l'infaillibilité du Pape à celle du concile, ce serait introduire dans l'Eglise un m\ stère semblable à celui de la Trinité». Nous n'avons pu vérifier si M" Maret fit en effet, ce rapprochement. Voir sur cette séance les pages extraites Hu Journal du Conctîe de l'évê'jue de Perpignan, dans la Vie deM'' Maret, par M. Bazin, t. III, p. 191- 205. De larges passages du discours y sont transcrits.] N. n. T.