OBJECTIONS
gument tiré des conciles d'une manière plus populaire et plus convaincante. Il pouvait dire : C'est une proposition de foi universellement professée et dont ne doute aucun membre du concile, que l'Eglise est infaillible dans ses doctrines, et queson maijistère propose les doctrines de foi d'une manière infaillible. Ce n'est que par rapport au sujet investi du magistère infaillible que quelques Pères font difficulté. Or, il a déjà été défini au concile de Florence que le Pape possède le magistère de l'Eglise dan? sa plénitude. Donc, ce devait être la conclusion, le Pape est aussi le sujet investi du magistère infaillible. C'et argument eût été clair pour tous.
Mais il y avait des évoques qui étaient réfractaires à tous les arguments en faveur de l'infaillibilité du Pape, retenus par cette doctrine traditionnelle que le corps enseignant composé du Pape et des évêques était infaillible. « Supposé, dit M^''" Connolly (i), que tous les textes de saint Matthieu, de saint Luc et de saint Jean, la formule du Pape Hormisdas et la profession de foi des Grecs au second concile de L3^on prouvent l'infaillibilité du Pape, ils n'indiquent cependant aucunement l'infaillibilité absolue et indépendante, telle qu'elle est proposée dans le schéma. Ils ne disent absolument rien des moyens et conditions nécessaires de cette infaillibilité, ils ne prouvent pas, et, à mon avis, ne peuvent pas prouver que les évoques ou le corps enseignant de l'Eglise n'ont rien à faire pour étayer cette infaillibilité da Pape. Donc les textes contenus dans le schéma ne prouvent rien /. Le Pape peut être infaillible, et l'assentiment général de l'Eglise enseignante, assentiment explicite ou tacite, peut être un moyen ou la condition nécessaire de cette infaillibilité, comme je l'admets et comme cela a été admis jusqu'à présent: contre cette thèse les textes ne i^rouvent
(1) 62° Congrégation générale (31 mai). Acta, etc., III, 440-
rien. Donc ils n'ont aucune valeur pour la définition du coi traire. »
Xéanmoins, ces textes se rapportent au Pape comme do( teur infaillible dans les décrets doctrinaux qui émanent de 11 seul. Ils ne parlent aucunement des évêques. Et M^"^ Coi nolly disait vrai, le corps enseignant de l'Eglise a émis de^ décisions doctrinales infaillibles. Mais cela ne prouve rien contre l'infaillibilité du Pape. Le Pape lui aussi en a émis. Il s'ensuit que précisément tous les deux sont infaillibles. /