L OPPORTUNITE DE LA DEPMNITION ET LES SCHISMATIQUES
M^^ Strossmayer (i), craint avec M^"" Simor, que la définition non seulement ne rende pins difficile le retour des Non-Unis, mais encore n'expose la fidélité des Uniates à de grands périls.
Par contre, M^'' Salas (2), fait remarquer, que les Grecs scliismatiques ne sont pas qualifiés pour détourner le concile du Vatican de la définition. Ils étaient tout autant les adversaires de la primauté que de l'Infaillibilité, ils considéraient môme la primauté et l'Infaillibilité comme une seule et même chose. Si donc nous vouions, dit-il. omettre à cause d'eux la définition de la doctrine de l'Infaillibilité, no-is devons aussi, par égard pour eux, supprimer la doctrine de la primauté et ensevelir dans l'oubli la définition du concile do Florence pour que les scliismatiques puissent s'unir de nouveau à l'Eglise catholique. Mais le zèle que nous avons ponr le salut des autres, ne doit pas nous détourner de la profession publique et intégrale de la véi-ité cathol'que. Une telle conduite ne s'inspirei-ait pas du zc le tel que Dieu nous le demande, mais de la paresse, pour ne pas dire plus./ Par une telle manière d'agir et une telle timidité, nous ne gagnerions pas un seul schismatique ; au contraire ils se moqueraient de nous parce que nous n'avons pas osé dire franche ment la vérité.
Le témoignage des Grecs eux-mêmes et spécialement des évêques du rite grec, bien au fait do l'état d'esprit des scliismatiques, a, sans aucun doute, une autorité considérable en cette matière. M^"" Maddalena, archevêque latin de Corfou(3), est l'orateur qui traita avec le plus de précision ce sujet.
M^"^ Maddalena traça un triste tableau du schisme grec. Grec de naissance, il a passé, dit-il, la plus grande partie de
(1) 63* Congrégation générale (2 juin). Arta, etc., 483.
(2) 58' Congrégation générale (24 mai). Acta, etc.. III, 251
(3) 55* Congrégation générale (20 mai). Acla, etc., III, 148 sq.
sa vie en Grèce. Bien que ne taisant ])as partie de l'Eglise grecque, il la vénère et l'aime beaucoup. Il déplore le sort de cette Eglise, jadis si i^uissante, si splendide et si féconde, ornement et gloire de l'Eglise catholique, mais qui maintenant, insignifiante, stérile et obscure n'est plus qu'un témoin de la vengeance divine. Depuis longtemps gît brisée la plume des Cyrille, des Grégoire, depuis longtemps s'est tue la voix des Cbrysostorae, des Atlianase et des Basile. Une honteuse ignorance, une hideuse simonie affligent le clergé grec. On regarde coinme un miracle que des prêtres de ce clergé sachent encore lire le missel et connaissent les rudiments de la langue grecque. Il n'y a de sermon grec chez les schismatiques que dans les grandes villes, aux grandes fêtes, et c'est alors un laïque, avocat ou pharmacien, qui le ijrononce. Le zèle fait défaut au clergé, pour qui le sacerdoce n'est qu'un moyen de nourrir femme et enfants. La simonie non seulement lui semble licite, mais même il la juge comme provenant d'un droit inhérent à l'état sacerdotal. / Dans les désastres, dans les épidémies, les prêtres s'enfuient ou se cachent, laissant leurs ouailles mourir sans secours. Souvent la police doit les conduire de force chez les malades. Un tel clergé aura-t il la science et l'énergie nécessaires pour ramener le peuple au centre de l'unité chrétienne?
Les laïques ne donnent pas plus d'espoir. Ils sont Grecs avant d'être chrétiens, et, comme autrefois, nationalistes avant tout. Pour eux le catholicisme est l'ennemi inexorable de leur nation, aussi le détestent-ils comme le pire fléau. Ils sont donc loin, très loin de revenir à l'unité : l'orgueil et l'ignorance les retiennent.
L'orateur estime que leur retour ne sera possible que lorsque les principes rationalistes, les idées modernes de liberté de conscience et d'indifférentisme religieux auront pénétré chez eux, ce qui ne tardera guère. Alors l'Eglise grecque, pour échapper à cet assaut et à la ruine complète,
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