INTRCGUES HORS DU CONCILE
d'écrire contre le Pape, contre l'Eglise et contre ce que la Religion a de plus saint. »
Dans le discours de M^r Darbo}^ que nous avons rapporté plus haut, on trouve également des plaintes sévères contre les intrigues fomentées hors du concile dans le but d'exercer une pression sur l'assemblée. Il les attribuait à des manœuvres démagogiques qui s'efforçaient d'intimider les évêques en leur faisant craindre, s'ils s'opposaient à la définition, de neplus pouvoir rentrer dans leur diocèse ou, s'ils y revenaient, de ne plus pouvoir administrer que très difficilement (i). /
Parmi ces intrigues, l'archevêque pouvait bien avoir en vue celles dont NN. SS. Place et David avaient été l'objet dans les diocèses de Marseille (2) et de Saint-Brieuc (3). Là, en effet, l'opposition entre évêque et diocésains était devenue si aiguë que le retour des deux pasteurs dans leurs diocèses semblait à peine possible. M°'" Place avait interdit à ses prêtres de communiquer avec le Pape, et M^'" David avait «oulevé l'indignation de ses diocésains quand, dans son opposition à la définition, il était allé jusqu'à féliciter le P. Gratry de ses pamphlets contre Rome et le presser d'en écrire d'autres. A ne prendre que les principes de Doellinger et de ses adhérents, ces évêques n'avaient pas le droit de se plaindre, et leur attitude au concile sur l'infaillibilité eût dû être tout autre. En effet, d'après la doctrine même de Doellinger, un évêque est envoyé au concile pour attester la foi de son diocèse et non pour exposer ce que, en vertu d'autres sources, il regarde comme doctrine transmise parles Apôtres. De ce chef, les manifestations hostiles des diocésains contre la conduite de leurs évêques étaient plutôt un rappel à l'ordre et une leçon, qu'ils étaient en droit de leur donner, et nullement une pression condamnable.
(1) Voir plus haut, p. 234
(2) Voir 3° volume, p. 241 sqq.
(3) Voir 3* volume, p. 247 sqq.
A son tour, M»"^ Mac Evillj'^ (i), évèqiie de Galway, usa d'un tel langage au sujet des menées sournoises, venues du dehors^ que ses paroles semblèrent dirigées contre plusieurs des évêques présents, notamment contre NX. SS. Darboy et Dupanloup. Puis il prit à partie les plaintes émises par le cardinal Scliwarzenberg et par M-"" Darboy.
Après avoir exposé que, au point où en était la question, iî ne restait plus aux évêques la possibilité de choisir, il montra qu'il ne leur restait qu'à publier courageusement et loyalement la vérité divine en définissant le dogme de l'Infaillibilité : « Je dis : au point où eu sont les choses, car je ne crois pas qu'il y ait avantage, (il y aurait plutôt une source d'incriminations réciproques,) à refaire la genèse des motifs et des circonstances spéciales qui ont abouti à l'état actuel de la question. A quoi servirait, par exemple, d'ouvrir une enquête sur le nom de l'auteur de telle brochure qui, il y a douze mois, avait été traduite de l'allemand et lancée contre les évêques de langue anglaise (2), et que j'ai retrouvée en novembre dernier dans une lettre pastorale célèbre (3) de France, qui attaquait l'Infaillibilité pontificale sinon avec menace, du moins avec une véhémence excessive?... A quoi bon retracer l'origine ou les causes de tels autres écrits, dont les attaques contre l'infaillibilité nous affligent et qui se ressentent clairement d'une doctrine fort peu catholique ? Je laisse donc de côté ces publications et d'autres semblables. Mais je prendrai la liberté de faire remarquer, quoique avec le plus grand respect, qu'à mon humble avis quelques-uns de nos augustes orateurs ont paru souffrir d'un léger défaut de mémoire. Quand, du haut de cette tribune, ils firent entendre leurs plaintes contre la contrainte dont quelques évêques
(1; oQ* Congrégation générale (2S mai). Acta, etc., 111,297 sqq. (2i Voirl" volume, p. 268 sqq.
(3) Voirl" volume, p. 337 sqq.