‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 79 sur 108 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Discussion de l'Introduction et des deux premiers chapitres du Schéma De Ecclesia Christi.

Ija discussion des articles du Schéma de la constitution «ur l'Eglise commença le 6 juin, dans la 65® congrégation .générale.

L'Introduction (i) du Schéma rappelait que le Sauveur, pour assurer une durée perpétuelle aux fruits de la Rédemption, a fondé l'Eglise, dans laquelle les fidèles doivent vivre, unis par la même foi et la même charité. Il fallait maintenir â jamais cette double unité ; la sagesse du Fondateur en avait •établi Pierre principe permanent (perpetuum utriusque unitatis principium), et fondement visible (visibile fundamentum), sur lequel devait s'élever le temple éternel de l'Eglise. A l'heure présente, tandis que l'Enfer, avec une haine sans cesse croissante, déchaînait de toutes parts la tempête contre ce fondement, le Pape, avec l'assentiment du Concile, jugeait nécessaire : i° de rappeler à tous les fidèles la doctrine antique et toujours professée dans l'Eglise universelle, touchant l'institution, la perpétuité et la nature de la primauté; a*» de condamner les erreurs contraires. /

Le premier orateur, M='" Amat (2), évêque de Monterey, proposa brièvement de légères modifications. M»'' Vérot (3),

(1) G. F., 269 a, sqq.

(2) Acta, etc., IV a, 2 sq.

(3) Ibid. IV a. 3 sqq.

évêque de Saint- Augustin, lui succéda. Il estimait que les mots quoniam portae inferi malori in dies odio insiirgunt ne répondaient pas à la vérité historique : Les non -catholiques' et les mauvais catholiques n'étaient pas plus violent» contre le Saint-Siège aujourd'hui que jadis. II ajoutait une remarque pins importante : le schéma portait que les doctrines devaient être exposées seciindum antiquam atque constantem universalis Ecclesiae fidem. Or, à son avis, les prérogatives pontificales, telles que les développait leschéma, ne représentaient i)as l'antique et consîânte croyance de l'Eglise, mais bien plutôt la conception « Ultramontaine».

L'expression souleva les protestations de l'auditoire; sur quoi l'orateur fit remarquer qu'on pouvait lui passer ce mot puisque aussi bien le mot de gallicanisme avait été prononcé à la tribune sans blesser personne. — Je ne trouve, expliquaitil, aucune autre expression qui rende l'idée, au surplus, tout le monde me comprend. — Il voulait montrer tout au long que les enseignements du schéma n'avaient pas été reçus partout et toujours dans l'Eglise, quand le cardinal Bilio, qui présidait, l'interrompit en lui faisant remarquer que cette argumentation ne venait pas au débat sj)écial sur l'Introduction ; si telle était son opinion, il pourrait l'exposer quand viendrait la discussion des chapitres. M^r Vérot reconnut le bien-fondé de cette remarque, et réserva ses observations pour les débats ultérieurs.

Më'" Wiery (i) lui succéda à la tribune. Il ne lui plaisait point que S. Pierre et son successeur fussent appelés le per'^ petuum principinm ac visibile fiindamentum de l'unité de l'Eglise. Le mot principinm peut avoir trois sens. Il peut signifier d'abord : Commencement, origine, auteur. Mais le commencement, l'origine de la foi et de l'unité dans l'Eglise, ce n'est pas Pierre, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-

(1) Acta.,lV a, 6 sqq.

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