‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 2)Chapitre 80 sur 108 · DISCUSSION BE L INTRODUCTION DU SCHEMA · texte numérisé non relu

DISCUSSION BE L INTRODUCTION DU SCHEMA

même. Principium désigne encore l'élément constitutif et la raison nécessaire d'un être. Telle est bien l'interprétation des auteurs du schéma, comme le prouvent immédiatement les expressions qui suivent : « La Primauté d'où dépend la force et le salut de toute l'Eglise ». / Et de fait nul catholique n'oserait prétendre que la primauté dans l'Eglise catholique n'est pas indispensable au maintien de l'unité de foi et de charité, et que la force et le salut de l'Eglise ne sont j)as indissolublement attachés à la primauté du Pape. Mais il nous faut veiller à ce que l'expression de cette idée ne donne pas aux non-catholiques, par une exagération, voulue ou non, l'occasion de nous demander : « Avons-nous tort de dire que, pour vous, le Sauveur n'est pas au ciel mais à Rome, et que vous, catholiques, ou même, vous, papistes, vous n'attendez pas le salut du Christ, mais du Pape? Vous oubliez ce que Pierre dit du Christ : « En aucun autre que Lui il n'y a de salut, et sous le ciel, aucun autre nom n'a été donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés. » (i) Reste une troisième acception du mot principium, à savoir : la norme d'après laquelle une chose doit se faire, la règle à suivre dans la pensée et dans les actes. En ce sens non plus, il ne peut convenir qu'au Christ et non à Pierre. En conséquence l'orateur propose de substituer k perpetuiim principium les mots fîrmum ou permanens centrum.

II atténuerait la force des mots « primatus a quo totius Ecclesiae vis et salus dependet » par l'insertion, avant « dependet » d'un correctif tel que « magnopere » ou « praecipue ». Enfin, contre les mots « visibile fundamentum » il fait valoir qu'un bon fondement repose dans le sol et n'est pas visible, qu'il faut éviter, dans les décrets d'un concile, les expressions figurées, toujours difficiles à interpréter.

(1) Actes des Apôtres, IV, 12.

M^r Thomas (i), vint à son tour répéter ce qu'avaient dit les deux précédents opinants, et lire un projet d'introduction où étaient exposées la fondation et l'organisation divine de l'Eglise.

M^"" Martinez(2), présenta, lui aussi, une introduction, plus développée. A l'en croire, l'Introduction présentée par la Députation de la Foi est trop concise. Puisqu'une autre constitution de Ecclesia doit suivre, il faut avant tout qu'il en soit tenu compte dans l'introduction à la première Constitution. Il semble bon aussi d'y insérer un mot des évoques, pour la satisfaction de ceux qui sont revenus si souvent sur le sujet. / On a tant et si bien parlé à cette tribune des droits de l'Episcopat, dit M^'^ Martinez, que, cette assemblée dissoute, les pierres même du sanctuaire, semble-t-il, continueront aies proclamer .. Et quels sont donc ces droits ? Depuis plus de 1887 ans, ils sont objet de controverse. La première fois qu'ils furent mis en cause, ce fut, du vivant même du Christ, dans la demande des fils de Zébédée. Redoutant la primauté de Pierre, dont ils avaient entendu parler, ils prièrent le Sauveur, par la bouche de leur mère, de leur réserver les deux premières places dans son royaume. Le Sauveur leur répondit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez »,Qe qui signifiait : « votre appréhension vient de ce que vous ignorez vos droits ». Lorsque, dans la suite, la même question fut agitée par les disciples, il s'agissait de savoir qui d'entre eux était le plus grand, et, de nouveau, le Sauveui^ trancha indirectement la question : plaçant au milieu d'eux un petit enfant, il leur dit : « 5/ vous ne devenez comme cet enfant, vous n'entrerez pas dans le royaume dii ciel. » C'est d'alors que date ce problème, d'alors aussi, la solution, savoir, qu'à toute discussion sur

(1) Acta, etc, IV a, 16 sq.

(2iIbid.,IV a,19sq.

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