DEBATS SUR LES DEUX PREMIERS CHAPITRES
Les amendements sur ces deux cliapitres (i), imprimés et distribués aux Pères le lo juin (2) furent discutés le 12 parla Députation de la Foi (3). Ses conclusions furent exposées par M^r d'Avanzo, à la soixante-douzième Congrégation générale du i5 juin (4)-
Il s'étendit surtout sur les deux premières propositions d'amendement, l'une émanée de M^*" Moreno, l'autre du cardinal S chwarzenberg. — Tous deux, dit M^rd'Avanzo, appartiennent au groupe qui depuis longtemps poursuit de ses critiques l'ordre du schéma parce qu'il ne correspond pas à l'ordre suivi par le Christ dans la fondation de l'Eglise, et qu'il ne concorde pas avec la marche ordinairement suivie dans l'exposition de cette matière. M»"" d'Avanzo répond à ces griefs. Il n'y a pas lieu, après ce qui précède, de reproduire son exposé. Il en vient alors à l'amendement de M^*" Moreno ; celui-ci soumet aux Pères un nouveau et long schéma du premier chapitre où l'Eglise est présentée comme ayant pris naissance au Paradis terrestre, quand fut promis le Rédempteur. Mais ce schéma est trop long; d'ailleurs, il ne pourrait être adopté sans une nouvelle discussion : la Députation l'a donc rejeté. Quant à l'opinion de M^'" Moreno sur le régime de l'Eglise, M»"" d'Avanzo distingue la substance et la forme de l'Eglise. Sa substance, c'est la foi ; or la foi n'existe pas seulement depuis la promesse du Rédempteur, elle existait avant la chute originelle, donc l'Eglise, quant à sa substance, a précédé le premier péché. / Dans sa forme extérieure, elle fut patriarcale jusqu'à Moïse; de Moïse au Christ elle fut nationale, et le Christ en a fait une Eglise universelle : c'est de cette Eglise catholique qu'il est question dans le schéma :
(1)C. 7., 312 b. sqq.
(iJ)Ibid., 750d.
(3) Ibid.. 1689 b.
(4- Ibid. 7S2 b. — Voyez la Relatio. Ibid. 315 c, sqq.
SOU roi est le Christ, et le Christ a fait de Pierre son vicain sur la terre.
M»'" d'Avanzo fait remarquer aussi qu'il serait peu cohére; de parler des figures de l'Eglise dans l'ancien Testament, de doter cette même Eglise de la promesse du Rédempteur la figure doit précéder la réalité qu'elle annonce.
L'auteur du second amendement, le Cardinal Schwarze berg, sans avoir d'objection contre la teneur même di schéma, y voudrait voir la situation précisée du Pap vis-à-vis de l'Episcopat. — Le Christ, dit-il, a adress à tous les apôtres les mêmes paroles qu'il a adressées Pierre, il reste à expliquer la portée de ces paroles adressées à Pierre, et citées dans le schéma.
Le Rapporteur établit donc, comme Innocent III l'avait fait jadis, que les mots cités dans le schéma ne s'adressent qu'à Pierre, mais que les paroles dites à tous les apôtres, s'adressent à Pierre comme aux autres. Les paroles de saint Matthieu [i6, i8 seq.] valent pour Pierre seul. En effet, quand Pierre seul a confessé la divinité du Christ, c'est à lui seul que Xotre Seigneur s'adresse quand II donne à Simon, fils de Jean, le nom de Pierre, et lui dit : « Et moi, je te dis : tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise... c'est à toi que je donnerai les clefs du royaume des deux. « Ces paroles ne s'adressaient point aux autres apôtres : ils n'en sont que les témoins, implicitement compris par cette Eglise bâtie par le Christ sur Pierre comme sur son fondement. Ainsi est exprimée la relation des apôtres vis-à-vis de Pierre : c'est la relation de l'édifice par rapport au fondement : l'édifice s'appuie sur son foiidement et non le fondement sur l'édifice. De même, dans le deuxième passage cité : « Confirme tes frères » [Luc 22, 82] saint Pierre est représenté comme un Maître vis-à-vis de ses disciples. De môme encore dans le texte de saint Jean [21, i5 sqq.] : « Pais mes brebis ».
La puissance conférée à Pierre a deux restrictions. / Le
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