REPONSES DES PRESIDENTS
assurément habitués à entendre les adversaires du Concile du Vatican réclamer l'unanimité morale en s'appuyant constamment sur Pie IV, qui au concile de Trente ne voulait pas que les Pères portassent une définition si ce n'est à l'unanimité. Mais il nous parut très étrange de trouver cette preuve qui ne signifie rien pour la nécessité de l'unanimité morale, dans le mémoire des Evêques français. Admettons que Pie IV ait au Concile de Trente établi une fois cette règle; il ne s'ensuit nullement qu'elle ait été promulguée pour tous les votes du concile de Trente (i), encore moins que ce ><>it une règle obligatoire pour tous les conciles. La lettre des évèques se réclamait encore des paroles de Vincent de Lérins : Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus, paroles d'ailleurs si souvent mal comprises.
9. En dernier lieu, les évèques demandent avec instance (omnino e.xpostulamus) que, lorsqu'il s'agit des définitions dogmatiques ou des canons, le vote des Pères ne porte pas sur le schéma tout entier, mais qu'on fasse voter sur chaque définition en particulier et sur chaque canon par le mot placet et non placet; ils reviennent encore à ce propos sur la nécessité de l'unanimité morale pour les définitions dogmatiques.
La réponse des présidents fut portée oralement par Mgr Fessier, secrétaire du concile, à l'archevêque de Paris, avec prière de la communiquer aux autres signataires de la lettre. Cette réponse disait (pie les présidents, à qui la lettre avait été adressée, n'avaient absolument aucun pouvoir pour modifier le décret porté par l'autorité papale ; ils n'avaient que le devoir de veiller à sa parfaite application. Mais ils déclaraient ne pas convenir du tout que le décret sanctionné par le pape et promulgué par son ordre, lésât de quelque façon les droits et la liberté des évèques. Quant aux observa-
it) Cf. Pallavicini, Conc. Trid. I. 19, <■. 15, n. 3.
lions présentées par les signataires sous les numéros 4 et 7 au sujet des paragraphes 8 et 12 du décret, // les présidents, nous l'avons dit précédemment, concluaient d'une façon conforme aux vii'iix exprimés (1).
La lettre adressée aux présidents par vingt évêques de diverses autres nations (2) est, mot à mot, la même (pie la précédente. Même réponse pour elle.
La troisième lettre, émanant de vingt-deux évêques, dont la plupart étaient d'Autrjche-Hongrie (3), se distingue si peu de celle des évêques français, que nous n'avons pas besoin d'en parler en détail. Une réponse à peu près semblable lui fut faite; elle fut adressée au cardinal Schwarzenfoerg dont le nom se trouvait en tête des signataires, avec prière de la communiquer aux autres évêques (4).
Enfin, un mémoire assez court, signé de quatorze Pères (5), estime nécessaire, à propos du onzième paragraphe du décret, qu'avant de clore une discussion, un Père au moins obtienne, s'il la demande, la permission d'exposer les motifs favorables à la prolongation de la discussion. Si cinquante Pères sont opposés à la clôture de la discussion, celle-ci devra se continuer, et s'il s'agit de définitions dogmatiques chaque évêque pourra, s'il le désire, prendre au moins une fois la parole pour exposer son opinion. Relativement aux paragraphes i3 et 14. le mémoire fait remarquer qu'en matière de décisions dogmatiques, la majorité des voix ne peut rien trancher ; l'unanimité morale est ici assurément requise. Ces Pères réclament également le système de vote par placet et non placet, même pour chacun des chapitres du schéma. De plus, si quelqu'un ajoute une condition à son placet, il doit pou-
(1) C. V. 963 a. sq.
(2) Plus haut p. 296.
(3) Plus haut p. 296.
(5) Plus haut p. 296.