‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 109 sur 152 · SCHÉMA PRIMITIF DE ECCLESIA CHRISTI · texte numérisé non relu

SCHÉMA PRIMITIF DE ECCLESIA CHRISTI

Après L'introduction, vient un exposé doctrinal : l'Eglise est le corps mystique du Christ, auquel les hommes sont incorporés par le baptême (eliap. Ier). Selon la volonté du Rédempteur, les hommes doivent professer la religion chrétienne, non pas en dehors de tout lien de société, mais comme membres de son corps mystique, c'est-à-dire de cette Eglise; laquelle est une société parfaite et indépendante (chap. 2 et 3). L'Eglise est visible en tant que société (chap. 4) ; elle est une et d'une unité si parfaite que toutes les autres sectes chrétiennes séparées de sa foi et de sa communion, ne [jeuvent aucunement s'appeler l'une de ses parties ou l'un de ses membres (chap. 5). Elle est donc nécessaire au salut ; lui appartenir ou non ne peut être indifférent fchap. 6). C'est un article de foi que, hors de l'Eglise, personne ne peut être sauvé. Quiconque toutefois, sans faute de sa part, ignore Jésus-Christ ou l'Eglise, n'encourt pas de ce chef les jaunes éternelles, car, aux yeux de Dieu, il est innocent, et Dieu veut le salut de tous les hommes; à quiconque fait ce qui dépend de lui. Dieu ne refuse pas sa grâce pour qu'il obtienne la justification et la vie éternelle, mais si quelqu'un, par sa faute, meurt séparé de l'Eglise, il perd le bonheur éternel. L'indifférence religieuse, qui considère toutes les religions comme également aptes à procurer la béatitude, ou qui croit impossible d'acquérir quelque certitude sur la vraie religion, est donc à rejeter (chap. 7).

L'Eglise est indéfectible dans son existence et dans sa constitution : elle ne peut, sur ce point, subir aucun dommage (chap. 8). De plus, elle est infaillible. Cette infaillibilité, qui n'est pas le charisme d'inspiration en vue de vérités nouvelles, ne fait pas non plus de- l'Eglise l'organe d'une nouvelle révélation, mais elle a pour objet de conserver intégralement et sans altération la parole de Dieu déjà révélée et qui est contenue dans l'Ecriture et dans la Tradition. Cette infaillibilité s'étend donc aussi loin que le dépôt de la

foi, et elle embrasse la mission d'exposer, d'expliquer ou de défendre contre l'erreur et la fausse science les vérités contenues dans ce dépôt (chap. 9).

Les membres de l'Eglise sont inégaux entre eux, non seulement parce que les uns appartiennent au clergé et les autres à L'état laïque, mais aussi parce que les premiers l'emportent sur les autres par le triple pouvoir de sanctifier, d'enseigner et de gouverner (chap. 10).

Pour fonder et maintenir l'unité, le Christ a investi Pierre de la primauté, avec un pouvoir de gouverner, véritable, suprême et universel, primauté destinée à durer dans l'Eglise jusqu'à la fin des temps, et subsistant toujours dans le pasteur de l'Eglise romaine. De ce chef, l'évêque de Rome a le droit de communiquer librement et sans obstacle avec tous les pasteurs et tous les fidèles. de l'Eglise entière (chap. 11).

Pour que ce Pontife puisse mieux remplir sa charge, la Providence divine a réglé que l'Eglise romaine posséderait aussi une souveraineté temporelle : l'évêque suprême de l'Eglise universelle, n'étant soumis à aucun prince, pourrait ainsi exercer par toute la terre avec une souveraine liberté la charge de pasteur suprême. Le schéma condamne en même temps deux doctrines : l'une, qui est hérétique, et qui affirme que. d'après le droit divin, la puissance temporelle est incompatible dans les pontifes romains avec la puissance spirituelle; l'autre, qui est fausse (perversa , que l'Eglise ne peut rien statuer avec autorité sur la relation qu'a ce pouvoir temporel avec le bien général de la société chrétienne; et qu'il est permis aux fidèles en conséquence de ne pas tenir compte des décisions qui se rapporteraient à cipoint (chap. 12) //.

Entre l'Eglise et l'Etal , l'union doit régner. L'Eglise procure à l'Etat les plus grands avantages, en donnant aux souverains de bons sujets et aux sujets de bons souverains : elle protège les droits de tous et enseigne à tous leurs devoirs. Si la dis-

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