‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 110 sur 152 · SCHEMA PRIMITIF DE ECCLESIA CHRISTI · texte numérisé non relu

SCHEMA PRIMITIF DE ECCLESIA CHRISTI

corde éclate entre l'Eglise et l'Etat, il n'est pas permis de dire qu'elle résulte nécessairement de la nature du pouvoir ecclésiastique. Ces difficultés naissent de l'avidité exagérée qu'ont princes et peuples de gouverner et de posséder.

Bien que la société Civile, en soi et directement, ne soit pas ordonnée à l'acquisition de la félicité surnaturelle, mais au bien commun sur terre, les chrétiens ne doivent pas voir leur fin dans ce bien ; ils doivent préférer au périssable l'éternel. Dans ce but, pas plus dans leur vie publique que dans leur vie privée, ils ne doivent attacher tellement leurs regards sur cette fin subordonnée qu'ils perdent de vue la fin dernière et nécessaire. S'ils viennent à reconnaître quelque objet comme utile au royaume du temps mais nuisible aux biens d'ordre supérieur que l'Eglise s'efforce d'atteindre, nuisible aussi au salut éternel, ils ne doivent pas regarder cet objet comme un véritable bien (ehap. i3).

Le schéma condamne encore deux doctrines opposées : ceux qui ne veulent reconnaître d'autre puissance et d'autre gouvernement que la puissance et le gouvernement de leur choix, et ceux qui déclarent l'autorité de l'Etat source de tous les droits, de manière à en faire dériver même le droit de propriété, le droit d'existence de la famille et le droit' des pères sur leurs enfants. A de telles exagérations, il oppose cette proposition : Tous, même les souverains, doivent reconnaître dans la loi de Dieu la règle de leur conduite; et lorsqu'il s'agit de la licéite ou de l'illicéité d'un acte, même en ce qui concerne les pouvoirs publics, le jugement appartient au tribunal de l'Eglise, juge suprême des doctrines (chap. 14).

Le quinzième et dernier chapitre est dirigé contre diverses maximes ou usages de notre époque, tous également faux; par exemple, que les écoles sans exception doivent être soumises à la direction de laïques, et l'Eglise, entièrement exclue de l'instruction de la jeunesse. Il condamne notamment

L'effort significatif qui tend à ravir à l'Eglise même l'éducation et la formation du clergé. Il proteste enfin contre l'assujettissement des clercs au service militaire, dénonce les attaques contre les ordres religieux ' et proscrit les théories qui refusent à l'Eglise le droit de posséder des biens temporels.

Les vingt et un canons fulminent, en formules brèves, l'anathème contre ceux qui soutiennent ia contradictoire de chaque doctrine contenue dans le schéma.

Nous verrons plus loin (i) ce que les gouvernements opposaient à ce schéma, et à quels pourparlers entre eux et la curie donna lieu cette opposition. Quant à la presse européenne, par ses clameurs de désapprobation, elle trahissait assez en combien de milieux l'on avait perdu la notion de la doctrine catholique et combien il était nécessaire que l'autorité parlât.

(1) Voir le dernier chapitre du livre troisième. (Vol. III.)

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