‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 11 sur 152 · DISCOURS I) OUVERTURE · texte numérisé non relu

DISCOURS I) OUVERTURE

parties de la terre, accablés et désolés de la corruption qui s'étale par tout le monde : « Ils viennent en pleurant et jetant leur semence. >• Suit alors le tableau de la guerre qu'on fait, en ce moment, à l'Eglise. Elle ne doit pas décourager les Pères; comme les apôtres, ils reviendront avec des cris de joie et porteront la gerbe de leur moisson : scientes quod sicut socii passionam estis, sic eritis et consolationîs (i). Les royaumes d'Europe et les extrémités de l'Afrique, les îles de l'Océan, les pays de l'Afrique et de l'Amérique les accueilleront à leur retour comme la source des plus abondantes bénédictions pour leurs peuples.

11 y a dans cette réunion du concile comme un gage d'espérance pour l'heureuse issue de ses travaux, car les tempêtes déchaînées contre l'Eglise devaient faire craindre que l'on n'eût à pleurer sa chute sur les ruines de la Ville éternelle, plutôt qu'à y réunir un concile général. « Et nous voici maintenant, nous voici rassemblés de tous les pays de l'univers dans cette vaste basilique, le chef-d'œuvre du génie chrétien, nous voici au tombeau du prince des apôtres, d'où s'échappe et se répand, toujours vivifiant, le souffle des vertus épiscopales; nous voici aux tombeaux d'un Léon, des deux Grégoire et d'un Chrysostome, d'où l'on croirait encore, après tant de siècles, entendre les flots de leur éloquence se précipiter, pour féconder à nouveau le champ de l'Eglise catholique. Mais voici qui doit nous consoler encore davantage et faire tressaillir nos âmes : nous sommes auprès de la personne de saint Pierre lui-même; c'est lui qui, dans son successeur légitime, est aujourd'hui encore ici présent et plein de vie, et il me semble l'entendre s'écrier avec le même élan d'amour et la même foi que jadis : « Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant, )> et, du haut du ciel où il est assis à la droite du Père, le Sauveur lui répète aussi sa réponse d'autrefois : « Et moi, je te dis que tu es Pierre, et sur cette

(1) II 6'o/\,i,7.

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pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévai dront point contre elle.» (i).

Et l'orateur exhorte de nouveau à la confiance. Xotr espérance sera remplie pourvu que dans nos travaux non tenions nos regards fixés sur notre but unique, la gloire d Dieu et le salut des âmes //, que nos efforts tendent à fair que ce concile devienne la plus belle des perles qui orner le front de notre vénéré Pie IX, et qu'enfin dans les fastes d l'Eglise on puisse écrire en lettres d'or : « la paix des âmes la concorde des sentiments, la modération dans les déniai clies, la dignité dans les discussions, l'équité dans les jugt ments et la sagesse dans les délibérations ont eonstammen dirigé les cœurs et les esprits des Pères, » en sorte qu'à 1 réouverture de ces portes qui vont se fermer sur nous, al or qu'on publiera à tout l'univers : « Il a plu au Saint-Esprit € à nous (2), » la terre elle-même se sente renouvelée au souffl de l'Esprit créateur, suivant ces paroles : « Envoyez votr Esprit et tout sera créé et vous renouvellerez la face de 1 terre (3). »

Le Pape donna ensuite sa bénédiction et une indulgenc plénière ; puis vint la cérémonie si profondément signifi cative de l'obédience : c'est alors qu'apparut aux yeux, dan son plus bel éclat, l'unité de cette Eglise grande comme 1 monde, et la réunion de toutes les nations catholiques en u: seul corps sous un même chef : les princes de l'Eglise répandu dans tout l'univers vinrent par un acte sensible témoigne de leur subordination au Pape : les cardinaux debout lui ba sèrent la main ; les patriarches, les primats, les archevêque et les évêques après s'être profondément inclinés lui baisè rent le genoux droit, les abbés et les supérieurs d'ordres s mirent à genoux pour lui baiser le pied.

(1) Matlh.XVl,46, 18.

(2) Act. XV, 28.

(3) Ps. cm, 30.

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