‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 12 sur 152 · PRIERES D OUVERTURE · texte numérisé non relu

PRIERES D OUVERTURE

La cérémonie dura un quart d'heure. Le Pape et les évèques se mirent alors à genoux, puis, après une courte prière en silence, le Pape se releva seul et dit à liante voix la prière suivante (i) : « Nous voici, Seigneur, Esprit-Saint, nous voici, malgré la grandeur de nos péchés qui nous effraient, spécialement réunis en votre nom. Venez à nous, soyez avec nous et daignez descendre dans nos cœurs. Enseignez-nous ce que nous devons faire, où nous devons tendre, à quelles œuvres nous devons nous appliquer, afin que nous puissions, par votre assistance, vous complaire en toutes choses. Soyez notre salut et l'auteur de nos jugements, ô vous qui possédez seul avec Dieu le Père et son Fils, un nom plein de gloire. » Le Pape continua encore à prier, et tous les évêques répondirent : Amen. Ils se relevèrent alors, et le chœur chanta une antienne, après laquelle tous se remirent à prier en silence. //Après un moment, tous se tenant debout, le Pape dit : « Que le Paraclet qui procède de vous, nous vous en prions, Seigneur, éclaire nos âmes, et qu'il nous introduise, selon la promesse de votre Fils, en toute vérité. »

Et l'on se remit à genoux pendant que deux chantres entonnaient les litanies des saints auxquelles tout le monde répondait. Après l'invocation pour le Pape et pour tous les degrés de la sainte Eglise, le Pape se leva seul, et la mitre en tête, la croix qui lui servait de bâton pastoral dans la main gauche, il bénit l'assemblée en disant : « Daignez bénir ce saint synode ainsi que tous les ordres du clergé. » Aux mots « bénir » il faisait de la main droite le signe de la croix sur l'assemblée, et quand tous eurent répondu : « nous vous en prions, exaucez-nous », il reprit une seconde et une troisième fois la même prière; mais la seconde fois, au mot « bénir » il ajouta celui de « conduire » et fit deux signes de croix ; la troisième fois il dit « bénir, conduire et conserver »

(1) Voir dans C. V. ,694 c. sqq. , les belles prières anciennes pour le concile.

en faisant trois signes de croix. Après cela, il se remit à genoux jusqu'à la fin des litanies qu'il termina par une oraison.

Le cardinal-diacre Borromeo chanta alors dans l'évangile de saint Luc le passage du chapitre X où est racontée la mission des douze disciples; tous les assistants écoutaient debout et la tête découverte; puis tous les évoques s'assirent, prirent leur mitre, et le Pape adressa un discours à l'assemblée :

« Xotre cœur tressaille dans le Seigneur, dit-il en commençant, et il se trouve rempli d'une joie indescriptible à la vue des Pères assemblés pour le concile. Vous voici donc réunis, Vénérables Frères, au nom du Seigneur, afin de rendre témoignage avec nous à la parole de Dieu et à Jésus-Christ, pour enseigner avec nous à tous les hommes la voie de Dieu en vérité, et pour porter un jugement sur les contradictions de la fausse science. » Le Pape décrit ensuite brièvement les attaques des ennemis de la religion chrétienne et de l'Eglise, et rappelle les promesses que celle-ci a reçues de Dieu de n'être pas vaincue. C'est donc pour porter remède aux maux de l'Eglise qu'il a convoqué un concile général, et son espérance du succès est d'autant plus grande, que les évêques rassemblés en ce moment devant lui et en qui il lui semble voir toute l'Eglise catholique, se distinguent par leur zèle pastoral, par leur concorde et par leur étroit attachement au pasteur suprême. / « Courage donc, Vénérables Frères, réconfortezvous dans le Seigneur ; et au nom de l'auguste Trinité, sanctifiés dans la vérité, revêtus des armes de la lumière, enseignez avec nous la voie, la vérité et la vie à laquelle le genre humain, au milieu de toutes ses agitations et de toutes ses misères, ne peut s'empêcher d'aspirer; travaillez avec nous à obtenir que les royaumes retrouvent la paix, les barbares une loi, les monastères le repos, les Eglises l'ordre, les clercs- la discipline, et Dieu, un peuple qui lui soit agréable. Dieu habite dans son sanctuaire, il assiste à nos délibérations et à nos travaux; c'est lui qui nous a choisis pour ses ministres et ses

Page 1