DECRET D OUVERTURE
auxiliaires dans ce magnifique ouvrage de sa miséricorde, et il faut nous livrer à ce ministère de manière à lui consacrer entièrement pendant tout le temps qui va suivre, nos esprits, nos cœurs et nos forces. » Le Pape termine en implorant l'assistance du Saint-Esprit et l'intervention de la Très Sainte- Vierge, des anges et de tous les saints patrons (i). Il se remit alors à genoux et l'on entonna de nouveau l'hymne Veni Creator Spiritus que les évêques récitèrent tout entier en alternant avec les chantres ; le Pape récita l'oraison qui le termine.
C'est à ce moment que commencèrent les travaux proprement conciliaires (2). Mgr Valenziani, évêque de Fabriano et de Matelica dans l'Etat de l'Eglise, désigné pour lire le décret d'ouverture, monta à la tribune et demanda à haute voix aux Pères s'il leur plaisait, qu'à l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, du Père, du Fils et du Saint-Esprit, pour la propagation et l'exaltation de la foi et de la religion chrétienne, pour l'extirpation des erreurs dominantes, la réforme morale du clergé et du peuple, pour la paix universelle et l'union de tous, le sacré concile œcuménique commençât et fut déclaré commencé. De tout côté onréponditP/acef, et cette décision fut ainsi confirmée par le Pape : « Le décret qu'on vient de lire a obtenu l'assentiment de tous les Pères sans exception, et nous, avec l'approbation du saint concile, nous décrétons, nous décidons et nous sanctionnons ainsi qu'il a été lu. »
Il fut décidé de la même manière que la seconde session se tiendrait le 6 janvier 1870 //.
Le Te Deum et la promulgation d'une indulgence plénière mirent fin à la cérémonie (3).
(1) C. V.,29d. sqq.
(2) Tous ceux qui ne faisaient point partie du concile auraient dû, d'après les règles posées précédemment, se retirer à ce moment (6*. V., 704a.). Mais du consentement du pape, on passa outre.
(3) C. F., 33c. sqq. Cf. 699 d. sqq.
Il était déjà plus de trois heures après midi : le tout avait doue duré sept heures environ. Tout le inonde sortit alors de Saint-Pierre. Une pluie violente continuait à tomber et plus d'un prélat qui n'avait pas de voiture à lui se trouva dans l'embarras, car la foule qui se précipitait au-dehors eut bien vite occupé toutes les voitures de place. Voici comment M-'1' Gibbons (i) raconte sa rentrée chez lui : a A la fin de la première session solennelle les prélats passèrent de la salle du concile dans l'église de Saint-Pierre, où ils furent bientôt perdus dans la masse des 5o,ooo personnes rassemblées là. En allant vers la porte antérieure de Saint-Pierre, je fus séparé de Mgr Spalding qui m'avait toujours réservé une place dans sa voiture. Je me trouvai donc là ne sachant que faire, comme un étranger au milieu de Londres dans le brouillard, sans même oser essayer de trouver la voiture qui nous attendait dans une des nombreuses cours d'autour du Vatican. La pluie tombait à torrents; impossible à n'importe quel prix de trouver une voiture, et chargé comme je l'étais d'une lourde chape et d'une mitre, je ne pouvais pas songer à faire à pied le trajet d'un mille ou plus jusqu'au collège américain. J'eus beau m'adresser aux voyageurs assis dans plusieurs voitures; toutes les places étaient toujours occupées. Il commençait à faire sombre ; sur la place il ne restait plus qu'une seule voiture; un évêque y était assis. C'était ma dernière espérance. Je le priai de me donner une place et je lui expliquai ma situation embarrassée. Le français étant le langage le plus courant parmi les prélats, je lui parlai français. Mais lui me regarda avec un bon sourire ayant l'air de dire : (( Vous comprenez l'anglais tout aussi bien que le français » et il me répondit en anglais : « Xous sommes déjà cinq, Mon-N seigneur, mais nous ne pouvons pas vous laisser ainsi sur un banc de sable ; nous allons vous faire de la place. r> Jamais
(1) Loc. cit., p. 570 sq.