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LES RAPPORTS ENTRE LES EVEQUES

intime que Dieu était de son côté. Sa foi robuste à l'infaillibilité du Pape comme à une révélation du vouloir divin faisait du prélat, au dedans comme au dehors du concile, un des lutteurs les plus déterminés pour la définition du dogme(i).» Les membres de la minorité savaient quel puissantadversaire ils trouvaient en lui, et lui donnaient le titre de « diable du concile » (2) (diabolus concilii) (3).

Les rapports entre les évêques des deux partis manquèrent de cordialité. Un prêtre me racontait qu'il avait rencontré un jour Mgr Raess, évêque de Strasbourg, et l'archevêque de Munich, Mr'1' Scherr : «Eh bien ! dit malicieusement M gr Raess, excommunierez-vous bientôt ce Dollinger? » — « Dôllinger a raison, » répliqua l'archevêque sur le même ton railleur. — « C'est ce que disent tous les hérétiques, » reprit l'évoque de Strasbourg. — La pensée n'était pas aussi méchante, bien qu'une réelle amertume puisse se cacher sous la plaisanterie. La situation réciproque des deux partis se montre sous un jour plus défavorable encore dans cette courte phrase que Mgr Freppel, outré de voir quelques évoques français recourir à l'empereur Naj)oléon, jetait sur une feuille volante que l'on a retrouvée après sa mort parmi ses écrits : « Les pharisiens et les scribes se firent césarieus contre Jésus-Christ; nos évoques opposants se font bonapartistes contrelePape ». (.{)// Le diplomate que nous avons déjà cité, note dans son journal à la date du 3 février : « J'ai rencontré chez l'archevêque de

son éloquence comme son style, corrects, faciles, sont en même temps d'un calme égal qui, sans manquer d'une certaine séduction onctueuse, n'exige aucune dépense excessive de soi-même ».

(1) Purcell, loc.cit.,\>. 417.

(2) Ibid-, p. 418.

(3) C'est un étonnement pour nous, que le P. Granderath ne fasse pas ici plus ample mention des prélats éminents de la majorité, et particulièrement qu'il passe entièrement sous silence les prélats français, par exemple M6' Plantif.r et se contente pour M6* Pie de la simple mention faite plus haut, en passant. (Note du Trad.)

(4) Gornot, M"r Freppel, p. 168.

Bourges plusieurs évêques, entre autres Mgr Mermillod de Genève, et l'archevêque de Reims, Mgr Landriot [ce dernier, membre de la minorité]. On parla du concile. « Nous sommes condamnés à l'éloquence, observa Mgr Mermillod; « Damnati ad... ». Monseigneur Landriot interrompit la phrase : « N'achevez pas l'exemple du rudiment. »

Avant de clore ce chapitre, nous devons encore répondre à une question: quelle fut l'attitude du pape à l'égard des partis en lutte? Xous le devons d'autant plus qu'on a souvent exposé sa conduite envers la minorité sous un jour fâcheux et faux. Pie IX, il est vrai, partageait sans réserve l'avis des prélats qui voulaient voir le concile définir la doctrine de l'infaillibilité pontificale. Mais il ne se mêla point à la lutte et laissa à l'assemblée pleine liberté de définir ou de ne pas définir la doctrine.

On a colporté partout cette histoire du cardinal Schwarzenberg s'efforeant dans une audience de convaincre le pape que la définition était inopportune et pleine de dangers. Pie IX, interrompant son interlocuteur, aurait dit : « Moi Jean Marie Mastaï, je crois à l'infaillibilité du Souverain Pontife. Comme Pape, je n'ai rien à demander au concile, L'Esprit- Saint éclairera les Pères... (i) » Xous ne pouvons certifier l'exactitude de ce récit Mais l'anecdote montre très bien la ligne de conduite observée par le Saint-Père. Comme individu, il croyait à l'infaillibilité pontificale et partageait au sujet de la définition l'avis delà majorité. Mais comme chef suprême de l'Eglise, il n'exerça aucune pression sur le concile et laissa l'assemblée à la direction du Saint-Esprit. (2)//.

(1) Friedberg, Aktenstiïcke iurn Vatikan. Konul, p . 108 sq .

(2) Friedrich (Geschichte, etc., 1. 1,649) affirme que la proclamation de l'infaillibilité fut Tunique mobile du pape dans la convocation du concile. Cette affirmation contredit outrageusement tous les discours et documents où le Souverain Pontife s'exprime sur le but de l'assemblée, tous les faits relatifs à la préparation du concile ; de plus, l'auteur ne peut produire la moindre preuve à l'appui de ses dires. Ainsi les déclarations du Saint-Père aux cardi-

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