ATTITUDE DU PAPE
leurs idées eussent été certainement flétries publiquement par le Souverain Pontife; ils auraient même obtenu une censure bien plus sévère.
Les autres discours que fit le pape en diverses circonstances (i) durant l'assemblée, n'offrirent à la minorité aucune occasion de plaintes. Friedrich trouve dans la plupart, des offenses à l'égard des opposants (2). Mais ces allocutions ne s'occupent ni des personnes du concile ni de leurs désirs, ou elles le font si peu que nous pouvons à peine leur donner place dans l'histoire de l'assemblée vaticane (3) //.
Il semble inutile de dire que le dissentiment survenu entre les Pères causait au chef suprême de l'Eglise une grande douleur et redoublait ses soucis pour l'heureuse issue des travaux conciliaires. L'attitude qu'en divers pays, surtout en Allemagne, beaucoup de fidèles avaient adoptée, leur manque de sentiments vraiment catholiques, leur défaut de soumission envers le concile, la menace émise çà et là de se venger par le schisme si les Pères adoptaient des conclusions désagréables, tous ces motifs devaient causer à Pie IX des angoisses et des soucis. A cela s'ajoutait, d'une part, l'attitude menaçante de plusieurs Etats, de la France et de l'Autriche en particulier, dont les gouvernements manifestèrent, en février et en mars, des intentions hostiles au concile ; d'autre part, les grands dangers que courait Rome
(1) Voir les discours : C. V., 1540 sqq.
(2) Op. cit. Voir 804, 989, 1105.
(3) D'après le journal d'un diplomate (17 février) on racontait à Rome l'anecdote suivante : « A l'exposition de l'art chrétien, le pape s'entretint quelque temps avec un prélat français. Comme Mer Haynald était dans le voisinage, il parut pénible à l'évêque français de voir Pie IX ne faire aucune attention à l'archevêque; l'interlocuteur du Saint-Père recula un peu et dit au pape: « Monseigneur Ainald », en supprimant Yh suivant la prononciation française. Le pape lui dit alors par manière de correction : « Hae, Hay, Hay. » Puis il passe outre, sans dire un mot au prélat hongrois. Le pape voulut-il par là témoigner son mécontentement de ce que M51 Haynald appartenait à la minorité? Nous ne le croyons pas. Il y avait d'autres raisons pour le Saint-Père d'être mécontent de l'archevêque.
de la part d'un ennemi qui bloquait presque la ville éternelle. Tout cela remplissait Pie IX de graves inquiétudes. Mais, calme et plein d'une merveilleuse confiance en Dieu, Pie IX poursuivit sa grande œuvre, et le Seigneur n'abandonna pas son Vicaire.