‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 136 sur 152 · LE DISCOURS 1)K M8* AUDU · texte numérisé non relu

LE DISCOURS 1)K M8* AUDU

M8r Audu fait ensuite un long éloge de cette diversité de rites et de discipline qui existe dans les Eglises particulières; l'unité de foi n'en resplendit que mieux, ainsi que l'unité d'amour et d'obéissance envers le successeur de Pierre, chef unique d'une Eglise unique et universelle s'étendant sur tous les pays et toutes les nations. Pour lui, patriarche, il a l'obligation envers son Eglise d'insister pour qu'on accepte la demande qu'il fait de ne pas détruire cette diversité, car le patriarcat lui a été transmis tel qu'il l'avait été à ses prédécesseurs et il a promis à sa consécration de le conserver intact avec tous ses privilèges et ses rites. // Au reste, ces diversités, bien que n'étant pas essentielles, ont été établies et approuvées par des synodes généraux ou particuliers, et l'Eglise tout entière en a reconnu la légitimité ; aux yeux des Eglises non-unies ce sont même des canons et des constitutions immuables. 11 parle encore de l'antiquité de ces coutumes particulières, de l'approbation et de la confirmation qu'elles ont reçues des papes, de la volonté exprimée par ces derniers qu'on les laisse aux Orientaux sans y toucher. Les changements que l'on apporterait à leurs rites et à leurs lois particulières, ajoute-t-il enfin, augmenteraient encore la distance qui sépare les catholiques des non-unis, et ses prédécesseurs eux-mêmes sur le siège patriarcal n'étaient revenus à l'Eglise romaine qu'à la condition qu'on ne changerait rien à leurs rites et à leurs coutumes. La justice et la loyauté commandaient donc, elles aussi, le respect de leurs coutumes particulières.

Dans ce discours il n'y a pas grand'chose à reprendre. Nous qui connaissons l'opposition faite après coup par MKr Audu à la modification que le pape avait apportée, avec son assentiment, dans le mode d'institution des évêques, nous pouvons découvrir dans ses paroles la trace de ses dispositions; mais par lui-même le discours n'y fait même pas allusion. Le patriarche y admet en propres termes

l'introduction de changements dans son Eglise ; il s'y déclare prêt à adopter pour les Chaldéens un nouveau droit canonique résultant de la combinaison des prescriptions du concile avec leur ancienne législation: en un mot, l'unique objet de tout son discours, ce sont les décisions que le schéma en discussion propose à l'approbation du concile.

Il résulte donc de l'analyse de ce discours que le pape n'a pas pu en faire un sujet de reproches à M-' Audu ; ce qui les attira au patriarche, ce fut uniquement son attitude dans l'affaire de la bulle et des deux candidats désignés pour occuper les evecb.es vacants.

Les Arméniens eux aussi furent traités sévèrement à Rome. Le patriarche MKrHassun avait télégraphié à ceux d'entre eux qui à Constantinople (i) s'étaient séparés de lui, que Rome avait repoussé leurs prétentions et que leurs demandes et leurs désirs ne pourraient absolument pas y être agréés. Le cardinal Barnabe, dans un télégramme envoyé le 18 février, fut plus énergique encore /'/ : « Le Saint-Père exhorte les rebelles à rentrer dans l'ordre en reconnaissant le représentant légitime du patriarche, autrement il fera usage de ses droits (2). » Déplus, un bref du pape envoya à Constantinople Mgr Pluym, archevêque de Tyane et délégué apostolique à Constantinople, qui se trouvait à Rome pour le concile. Il y arriva le 4 mars et menaça les Arméniens opposants des censures ecclésiastiques dans le cas où ils ne se soumettraient pas à leur supérieur. Ceux-ci persistèrent dans leur révolte ; le délégué déclara alors, le io,/3i mars, que trente-huit prêtres et moines avaient encouru les censures, et frappa dix d'entre eux d'irrégularité ob violationein censuraram (3).

Les Arméniens, cependant, n'en continuèrent pas moins

(1) Voir ci-dessus, p. 413.

(2) Ollivieb, loc. rit. t. II. p. 186.

f3) Hela-AoncsuUa contumace résistent tlegli ArmehùSummarium, j>. 2.(Archives de la Propagande.)

f:!.'Ci-:{:*;]

Page 1