‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 138 sur 152 · L AFFAIRE DES MOINES ARMENIENS · texte numérisé non relu

L AFFAIRE DES MOINES ARMENIENS

pople, M-1 Pluym sous-délégua le Père Passioniste Ignace de l'Enfant- Jésus, comme visiteur de ce couvent. Mais les moines de Saint Grégoire refusèrent de recevoir le visiteur apostolique, et appelèrent à leur aide l'ambassadeur de Turquie à Florence, Rustem-Bey. Celui-ci arriva à Rome le 124 mars;les moines lui déclarèrent alors qu'ils étaient persécutés par la curie, et demandèrent à l'ambassadeur au cas où il lui serait impossible de faire cesser la persécution, de les aider au moins à quitter Rome (i).

Ce n'était pas fini, et voici survenir un nouvel incident. .Jean Stéfanian, théologien de M-1 Bahtiarian, archevêque arménien de Diarbékir, ayant tenu des propos désobligeants pour M>'r Hassun, avait été condamné à faire une retraite au couvent des Saints Jean et Paul, des Passionistes. C'est une peine légère dont on frappe aujourd'hui encore à Rome les prêtres coupables. Mais « l'archevêque de Diarbékir refusa de se séparer de son théologien; vieux, infirme, ne parlant que le turc et l'arabe, il ne saurait rester seul ». Il aurait pu s'adresser à L'autorité ecclésiastique et demander soit que la punition fût levée, soit qu'elle fût changée en une autre n'exigeant pas l'éloignement de son théologien : nul doute qu'on eût agréé sa demande. Mais l'évèque arménien ne semble pas avoir fait de démarche dans ce sens. L'autorité exigea donc que Stéfanian allât faire sa retraite dans le couvent indiqué, et parce qu'il ne voulait pas s'y rendre de bon gré, résolut de l'y conduire par force. Quatre agents du cardinalvicaire se rendent donc un matin au domicile de Stéfanian et se postent devant la porte par laquelle il avait. l'habitude de sortir pour aller célébrer la messe ; dès qu'il parait ils se précipitent sur lui pour l'entraîner dans une voiture qui attendait. Stéfanian crie, appelle au secours, se débat; au bruit l'archevêque accourt et prend la défense de son secrétaire en

(1) Ollivuk, loc, cit., p. 186-188 sq.

le couvrant : les agents n'osent user de violence contre un archevêque et se retirent: / le soir même, l'archevêque et son théologien, pour éviter le renouvellement d'une scène pareille, vont se réfugier au couvent des Antonins, où on les laissa en paix (i). Du reste, tous deux ne tardèrent pas à quitter Rome. Dès le 4 avril, Mgt Bahtiarian écrivait au secrétaire du concile pour obtenir l'autorisation de rentrer dans son diocèse ; comme raison, il faisait valoir son âge et ses infirmités (2). Mais il fut obligé de renouveler plusieurs fois sa demande : l'autorisation lui fut refusée jusqu'à ce que, comme le lui disait M-1' Melehers dans sa réponse, il eût prouvé la nécessité de son départ (3). Xous le trouvons encore à Rome le 18 avril; après cette date son nom disparaît des actes du concile. Il n'est pas invraisemblable, certains journaux l'ont dit (4), qu'il ait quitté Rome sans autorisation. Il se dirigea vers Constantinople, où on le voit reparaître en compagnie de Stéfanian le i3 mai (5).

Restaient les moines arméniens qui avaient désobéi au pape et refusé d'admettre le visiteur apostolique; là aussi, il fallait agir vigoureusement : l'ancien abbé général M-1' Casangian et l'abbé local Hanemian reçoivent l'ordre de se rendre pour une retraite l'un au couvent de Sainte-Sabine sur l'Aventin (6), l'autre à Saint-Bonaventure alla Polveriara. Craignant pour leur liberté et pour leur vie, ils

(1) Ibid., p. 188 sq. — Dans Friedrich {op. cit., t. III, p. 181 sq.). le récit, agrémenté des rumeurs romaines, est bien plus intéressant et plus émouvant.

(2) Acta Concilii VatiearU, p. 202.

(3) Ibid., p. 298.

(4) Katholisrhe Stimmen aus den Waldslàdten, 20 mai 1870.

(5) Sul progressu dello Schisma iniziato dwjli Armeni di Constantinopoli, septembre 1870. (Archives de la Propagande.)

(6) Ormanian (loc. cit., p. 241) nous donne le texte des deux ordres expédiés à l'abbé général au nom du Pape . « In seguito di cite, la Santità dinostro signore ha espressa mente ordinato che vosira Signoria si rechi subito nel venerabile convento di Santa-Sabina dei Patri Dominicanie ri rimanga fino a nuove disposiiioni délia stessa Santita sua. » (Lettre de M'r Jacobini à M** Casangian, le 25 mars 1870.) — « Sua Saniilu neW udierna di ieri a sera, in cohformità délie disposi-Joni antecedentemente datée par tecipate a vostra Signoria illustrissima e reverendissima col biglietlo m

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