‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 25 sur 152 · RÉPONSE DU PAPE · texte numérisé non relu

RÉPONSE DU PAPE

dans un but unique et déterminé, pour le dissoudre immédiatement après. Il peut donc bien également le convoquer pour plus longtemps et pour des fins diverses. Si les évêques de leur fîôté veulent ensuite soumettre certaines matières aux délibérations du concile, rien ne les en empêche. Mais le pape peut examiner leurs propositions et les admettre ou les exclure.

C'est pour cela, on le comprend également, que les membres de la congrégation chargée d'examiner les propositions émanant des évêques devaient être nommés par le pape luimême et non point choisis parle concile. Les convenances l'exigeaient. Mais du reste, .l'avantage particulier qu'en retirait le pape était peu considérable, car les choix faits à la majorité des voix auraient certainement porté uniquement sur les hommes qui lui agréaient. Mais s'il voulut nommer lui même les membres de cette congrégation, c'est qu'ils avaient à accomplir sa tâche à lui, pape, et non point celle du concile, et qu'ils travaillaient pour son compte à lui,, non point pour celui du concile. Par contre, les membres des commissions chargées de poursuivre les travaux conciliaires des congrégations générales étaient laissés par le règlement au choix des Pères eux-mêmes. Ainsi l'avait réglé le Saint- Père, contrairement aux conclusions de la Congrégation préparatoire, qui voulait en faire nommer les deux tiers par le pape et un tiers par le concile (i).

La réponse du pape à l'adresse des 26 évêques fut transmise de vive voix par le secrétaire du concile au cardinal Schwarzenberg qui devait la communiquer aux autres. Elle était courte et ferme : « Il n'est pas à présumer qu'aucune disposition des actes pontificaux puisse porter atteinte aux vrais droits des évêques; Sa Sainteté ne trouve donc pas de fondement aux raisons alléguées dans la lettre qui lui a été

(1) Voir tome I, p. 487.

adressée par 26 évoques, à la date du 2 courant: elle a déclaré en conséquence que sa volonté est de voir le règlement fixé et publié par elle avec le bref Multipliées inter, demeurer ferme et invariable (1). ■»

Vue troisième lettre datée également du 2 janvier (2) et signée d'un grand nombre d'évêques allemands, autrichiens, hongrois, français, et de quelques-uns de l'Amérique du Xord, 88 Pères en tout, // sans s'occuper de la constitution Multipliées inter, signale quelques obstacles qui empêcheraient un examen fructueux des questions proposées au concile.

Dans un synode, disent-ils, comprenant plus de 700 Pères, venus des cinq parties du monde, les congrégations générales ne permettent point une discussion approfondie des matières si elles ne sont point précédées de délibérations par groupes restreints. Que celles-ci se fassent avec soin, et vingt ou trente discours jetteront ensuite plus de lumière (pie n'auraient fait soixante prononcés avant toute discussion. En outre, parmi les évèques il se trouve certains hommes d'une éducation et d'une expérience hors ligne, mais qui, malgré leur connaissance parfaite de la langue latine, n'ont aucune habitude de la manier. La salle est grandiose assurément, puisqu'elle est auprès du tombeau de saint Pierre, mais elle n'est pas commode pour délibérer. A la première congrégation générale pas un seul orateur, quelque forte (pie fui sa voix, n'a pu se faire entendre de tous les Pères, et même depuis la diminution de la salle (3), tout le monde ne peut pas tout entendre.

C'est pour cela que les Pères expriment le vœu qu'on

(2) Ibid. 918 c. sqq.

(3) Dès la seconde congrégation générale, où. eut lieu un débat, on avait coupé la salle en deux au moyen d'un rideau : les Pères se réunirent dans une des deux parties.

Page 1