‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 29 sur 152 · LA LOI DU SECRET · texte numérisé non relu

LA LOI DU SECRET

Or, voici la réplique que leur adressait Scheebeu dans sa revue : Das œkumenîsche Konzil vom 186g (i) : « Dans une assemblée de représentants du peuple, la publicité des débats se comprend et a sa raison d'être ; il Tant que le peuple sache si et dans quelle mesure les députés qu'il s'est choisi expriment par leurs discours et leurs votes ses opinions et ses désirs. Mais dans quel pays les réunions des gouvernants sont-elles publiques ? Il leur serait bien difficile de les rendre telles sans compromettre leur dignité et la considération due à l'autorité, et sans exposer leurs décisions à des contradictions ou à des influences regrettables. Or, dans l'Eglise le concile est une assemblée de personnes ayant une part légitime à son gouvernement et qui, n'ayant point reçu leur mission du peuple, n'ont pas non plus à lui en rendre compte. Il n'y a donc là aucun désir de soustraire son action à la lumière; le concile ne forge point des desseins ténébreux comme une loge de ïrancs-maçons ; il ne conclut point des traités secrets comme les pouvoirs politiques ; toutes ses décisions, il les porte à la connaissance du monde entier afin d'y répandre la lumière de la vérité et de l'ordre, et d'en chasser les esprits de ténèbres. Et le motif unique du secret qu'il garde sur ses délibérations, c'est d'éviter que les esprits de ténèbres trouvent moyen de s'y immiscer pour barrer la route, avant même qu'ils aient paru, à la lumière de ses décrets. // Ceux qui s'intéressent vraiment au concile, qui voient en lui ce qu'il est en réalité, ceux, en un mot, pour qui le concile se réunit tout d'abord, ne lui en veulent point de ne pas les renseigner à l'avance sur ses délibérations. Ceux qui s'en plaignent sont justement ceux qui n'ont ni l'intention de soutenir le concile, ni le moindre souci de profiter de ses décrets ; ils sont seulement impatients de s'ériger devant leur cher public en juges

du concile, d'apprécier ses décrets, de pouvoir en livrer à la suspicion et au mépris les délibérations préparatoires. Mais le plus comique est de les entendre se plaindre que, jusqu'à leur arrivée à Rome, les évêques eux-mêmes n'auraient rien -ii des projets et du but du concile, et auraient été obligés de se mettre en route dans l'ignorance complète de ce qu'on attendait d'eux. Les littérateurs libéraux prêtent ici à nos évêques leur propre inexpérience, leur simplicité à eux : nos évêques connaissent depuis longtemps l'esprit de l'Eglise et du Saint Siège, et il leur était facile de prévoir en général, surtout pour les questions doctrinales, la nature des projets qu'on leur soumettrait; les détails qu'ils ignoraient, ils n'avaient pas besoin de les connaître plus tôt.»

A la suite des fausses nouvelles lancées en si grand nombre dès le début du concile par la presse liostile à l'Eglise, des journaux catholiques aussi ('■mirent l'avis qu'il serait bon d'adoucir un peu la loi du secret, pour les mettre eux-mêmes en état de réfuter ces insinuations mensongères.

Le Vaterland, de Vienne, qui avait fait cette proposition* reçut de Rome la communication suivante : « Je ne saurais partager tout à fait cette manière de voir, et cependant je reconnais pleinement combien est fondée la plainte qui l'a fait naître ; ce sont bien les faux rapports venus de Rome qui contribuent le plus à accroître l'universelle confusion des idées. Toutefois, a parler vrai, ne se laisse tromper que celui qui veut l'être, c'est-à-dire celui qui s'en rapporte sciemment a de- hommes connus par leur mauvaise volonté et leur incompétence. Quel est l'homme sérieux qui ira chercher dans les organes de la franc-maçonnerie la vérité sur les choses de l'Eglise? Les abonnés habituels de ces feuilles là ne cherchent pas sincèrement la vérité ou, s'ils sont assez naïfs pour prendre comme argent comptant les balivernes qu'on leur sert, ne croyez pas que les réfutations des bons journaux puissent les détromper: eux ne les liront pas, et ce

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