‹ Histoire du Concile du Vatican (volume 3)Chapitre 30 sur 152 · LA LOI DU SECRET · texte numérisé non relu

LA LOI DU SECRET

n'est pas cette presse à la mode du jour qui les reproduira. // Le mensonge se propage toujours plus facilement que la vérité: il a pour sa diffusion des moyens que ne peuvent pas employer les défenseurs de la vérité, car il s'adresse à ees instincts pervers de l'humanité qui, depuis la chute originelle, la tiennent asservie.

)> Un sot peut poser cent fois plus de questions que n'en sauraient résoudre dix sages ; de même, un plat bavard trouvera toujours plus d'auditeurs que dix maîtres des plus capables et des plus méritants. Ainsi est faite décidément la nature mauvaise de l'homme; ce n'est que par des moyens surnaturels que la vérité peut remporter, (iardez-vous cependant, de voir là une condamnation de la presse catholique en général; tout au contraire, elle est aujourd'hui devenue nécessaire; c'est grâce à elle que, au milieu des cris discordants de tant de voix fausses, les homin.es bonse uoluntatis peuvent encore discerner quelques notes justes. Mais les homines bonœ uoluntntis savent que le concile ne se guide pas, comme les parlements modernes, d'après l'opinion publique changeante au jour le jour; ils savent que ses adversaires répandent couramment la fausseté, et ils attendent ses décisions avec pleine confiance, sûrs que, par elles, se fera une lumière éclatante et que, par l'assistance surnaturelle du Saint Esprit, les hommes seront disposés favorablement à l'acceptation de la vérité.

m Pour le moment, les sectaires ennemis de la lumière entassent ténèbres sur ténèbres; à quoi servirait d'allumer <;à et là un flambeau ? Attendons le soleil ; ses rayons auront vite fait de disperser les nuages et. à l'instant, tout le monde y verra clair. Au reste, à côté du silence imposé aux Pères bien des événements peuvent être publiés; vos correspondants vous les signalent et on peut les lire dans les journaux vraiment catholiques de tous les pays » (i) (1) Bas Konzil, etc. , p. 227.

Les lignes qui précèdent cou tiennent beaucoup de vrai. Il ('■tait cependant très regrettable que la mauvaise presse, par tant de fausses informations, pût entretenir une si grande confusion dans les esprits, tandis que les Pères se voyaient dans l'impossibilité d'y répondre par la simple exposition de la vérité. Mais il n'était pas possible, en fait, de les y autoriser. L'esprit qui régnait dans la presse ne permettait pas de livrer à la publicité les débats et les travaux du concile. // La confusion des sentiments, encouragée par la presse, aurait encore grandi. Le pape, sagement, choisit le moindre mal. Pour remédier dans une certaine mesure aux inconvénients du silence, on pouvait dispenser certains Pères de la loi du secret et les autoriser à faire connaître plus ou moins celles des affaires du concile qu'ils croiraient sage et prudent de publier pour répondre aux mensonges. C'est ce qui eut lieu ; Mgr Manning, archevêque de Westminster, ainsi que quelques évèques d'autres pays obtinrent une autorisation de ce genre (i).

(1) Edm. Sheridan Purcell : Lije of cardinal Manning, II, pp. 433-454.

Page 1